Les élus de l'APC viennent demander notre soutien pendant les élections locales, mais eux, quand on demande leur aide, ils ne sont jamais là », affirme Abdelkader Boumlit, secrétaire général de l'association des hémophiles de Batna.
Cette association née voilà des années est privée en effet des ressources de l'Etat et voit par conséquent, ses activités réduites à néant, si ce n'est des interventions ponctuelles au niveau des établissements scolaires. «Nous avons déposé des demandes aux niveaux de la DSP, la DAS et des services de wilaya, mais chaque partie nous renvoie chez l'autre», avance notre interlocuteur. Pourtant, il existe 107 malades hémophiles recensés à Batna et qui se trouvent dans le besoin de l'assistance précieuse de leur association. Les hémophiles, ayant un problème de coagulation du sang, sont exposés à tout moment à des saignements qui menacent leur vie.
L'action préventive est déterminante pour leur survie et leur bien-être, souligne Pr. Mahdia Saïdi, chef de service Hématologie au CHU de Batna. C'est pourquoi ils ont besoin de faire des activités sportives adaptées, notamment la natation, et bénéficier de sortie récréatives pour prendre l'air et se fortifier contre certaines complications à l'image de l'hémarthrose, due à la présence du sang dans les articulations. Mais hélas, l'intermédiaire idéal pour fournir des programmes de sport et loisirs, c'est-à-dire l'association, est privé de subventions et se trouve donc incapable d'assumer son rôle, affirme encore M. Boumlit. Mme Mounira Meddour, mère de deux jumeaux hémophiles, regrette cette incapacité de l'association.
Pour elle, les malades sont livrés à eux-mêmes et ceux qui n'ont pas de piston ont du mal à éviter les complications. Cela concerne davantage les enfants hémophiles au nombre de 40. C'est le cas des écoliers qui ont besoin de sièges confortables et qui ne peuvent les obtenir à moins d'interventions ou de les acheter par leurs propres moyens. C'est le cas surtout dans les services de l'hôpital où en cas d'urgence, l'hémophile doit faire la chaîne et attende son tour pour avoir les soins nécessaires.
Beaucoup ont perdu des membres de leurs corps à cause de cette situation. En parlant de soins, Pr. Saïdi regrette pour sa part l'incapacité des services du CHU de Batna face aux cas de complication. Aucune intervention chirurgicale n'a été d'ailleurs réalisée au sein de cet établissement. Certains orthopédistes invoquent l'absence de bloc opératoire approprié. D'autres soufflent sous cape, le déficit en matière de formation sur ce volet. A croire que ni le CHU ni les autorités locales ne prêtent l'attention qu'il faut à cette population. Pourtant, les besoins sont presque insignifiants compte tenu des moyens de l'Etat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com