Les premières bâtisses sont été érigées au début des années 1980. Les terrains de nature «orfi», cédés en ces temps-là à des prix abordables et comme seul acte un simple papier rédigé par l'écrivain public.
A la lisère ouest de la ville de Batna trône un méga quartier qui ne cesse de s'accroître défiant les lois de l'esthétique urbanistique. Il s'agit du douar Ouled Sellam. Ses rues et ruelles en terre battue, véritable cloaque en hiver et sources de toutes les poussières exigent un revêtement urgent à moins de déclarer le quartier illicite et procéder à la démolition ! L'anarchie règne au point où certains font fi des lois de la nature et construisent dans le lit de l'oued.
Il s'agit de Oued Lazreg qui traverse la cité et qui cause des dégâts au moment des crues. Les riverains notent la bonne réaction des autorités, à cet effet, et qui a consisté en la déviation du cours d'eau. Les premières bâtisses, selon Ammar, retraité et ancien habitant du quartier, ont été érigées au début des années 1980. Les terrains de nature orfi, cédés en ces temps-là à des prix abordables et comme seul acte un simple papier rédigé par l'écrivain public, sont rattrapés aujourd'hui par les lois de l'urbanisme. La majorité donc des habitants vivant en ces lieux ne possède pas d'acte et tombent automatiquement sous le poids de la loi. Mis devant le fait accompli, les autorités publiques se sont vues contraintes de remédier à la situation. Le plus urgent était bien sûr de mettre fin aux égouts à ciel ouvert.L'APC s'est chargée à cet effet du réseau d'évacuation des eaux usées.
Pour l'énergie électrique les habitants ont mis du leur et la Sonelgaz a installé le nécessaire. Pour l'eau, les habitants se débrouillent comme ils peuvent. «Certains ont piraté la canalisation destinée à Hamla et qui traverse le douar, les autres se résignent à payer les camions- citernes qui leur livrent la denrée précieuse à domicile», nous explique Abdelkader, le visage et les mains noirs de cambouis, affairé à réparer une vieille voiture. Par ailleurs, l'absence d'établissement scolaire oblige les enfants à une longue trotte pour rejoindre leur salle de classe ; ce qui en hiver n'est pas du tout chose aisée. Le lycée, lui, est encore plus loin. «Il faut aller jusqu'à Kechida et on doit traverser un grand terrain vague pour diminuer la distance», témoigne Amine, 19 ans, qui ne pouvant plus résister à ces difficultés, a choisi de quitter le lycée; il a rejoint la horde de jeunes qui sont employés comme manutentionnaires auprès de fabricants de parpaing. De vastes terrains bordant la cité ont en effet été loués à des entreprises qui produisent du parpaing.
Ces entreprises, au nombre de 16, sont, selon plusieurs témoignages, les seules sources pourvoyeuses d'emploi; et quel emploi ! Le travail consiste à charger les camions qui viennent s'y approvisionner. Les manutentionnaires sont payés 3 DA l'unité. L'image est des plus désolantes, elle nous renvoie très loin en arrière. Des personnes de tout âge se rassemblent à l'angle d'une rue et attendent qu'on vienne les solliciter pour charger et décharger toutes sortes de matériaux. Les petites entreprises dont il est question vont bientôt devoir fermer boutique. Nouredine Benkrama, propriétaire de l'une de ces unités de production, nous dira que la police de l'urbanisme est passée plusieurs fois et que l'affaire est entre les mains de la justice.
Ce n'est donc qu'un sursis qui leur est accordé et qu'elles sont, désormais, appelées à disparaître privant ainsi des dizaines de personnes de l'unique ressource qui leur assure le minimum.
Un palliatif est plus que nécessaire d'autant plus que les jeunes se sont opposés en fermant la route face à une première tentative des autorités locales qui avaient décidé la fermeture de ces unités, communément appelées «parques». Tous ces problèmes, faut-il le dire, n'ont pas eu raison de la joie de vivre des habitants qui gardent le sourire et l'espoir de voir un jour leur quartier ressembler au reste des cités. Tout le monde se plaisait à relater le passage du tête de liste FLN qui leur a rendu visite durant la campagne électorale afin de solliciter leurs voix. Ils étaient unanimes à lui rappeler son dernier passage dans le quartier avec les bulls qui ont servi à la démolition de plusieurs bâtisses considérées illicites.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com