
Le projet de révision de la constitution a été hier au c?ur d'un débat co-organisée par la ligue algérienne des droits de l'homme (LADH) et le bâtonnat de Batna, un débat ayant déchaîné les dénonciations contre ledit projet. Unanimes, les intervenants, réunis au foyer des avocats de Batna, parmi eux Maître Mostfa Bouchachi, n'ont pas lésiné sur les mots pour s'accorder à dire qu'il s'agit uniquement d'une illusion destinée à légitimer un pouvoir conquis de manière contestable.En effet, selon Maître Bouchachi, qui a présenté à l'audience une «première évaluation du projet de révision de la constitution», le mécanisme par lequel passe cette consultation est biaisé. Il confirme, selon l'intervenant, qu'il n'y a aucune intention, de la part du pouvoir, à modifier la constitution en prenant en considération l'intérêt du citoyen. Ce pouvoir brandit en permanence, comme une épée de Damoclès, la menace d'une déstabilisation de l'Algérie, à l'instar des pays voisins, pour barrer la route à toute contestation populaire aspirant au changement. «C'est uniquement de la poudre auxyeux», a-t-il affirmé.Et de poursuivre que ce projet est contestable, tant dans sa forme que sur son fond. Ainsi, ce qu'il a appelé «le mécanisme Bensalah», faisant référence à l'imperméabilité d'Abdelkader Bensalah, aux suggestions de la société civile lors des réformes engagées en 2011, serait la preuve indéniable, selon lui, que cette consultation est fictive. «Le président se devait d'émettre un décret qui fera appel à une conférence nationale, avec pour obligation d'intégrer ses conclusions dans la version finale de la constitution», a-t-il dit. Sur le fond, il dira que cette révision constitutionnelle sera, pour le président, le moyen d'avoir une hégémonie totale sur l'Algérie, si tel cas est encore possible.«Le président algérien a plus de pouvoir que le roi du Maroc, après la révision de la constitution marocaine en juillet 2011», a-t-il dénoncé, en rappelant qu'il n'y a pas d'institutions de contrôle et de régulation du pouvoir, puisque les institutions algériennes sont uniquement consultatives. Pour sa part, le professeur Mabrouk Ghodbane lors de son intervention sur le thème «principe de séparation entre les pouvoirs et leurs fondamentaux», n'a pas hésité a qualifier le système algérien d'hybride et d'illégitime, le comparant à «une mafia qui n'est même pas visible». La conclusion de cette journée d'étude est sans conteste celle de maître Bouchachi, qui a affirmé que la responsabilité du changement incombe, en premier lieu, aux intellectuels. «Notre démission est aussi responsable de la situation actuelle», a-t-il conclu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S M
Source : www.elwatan.com