Algérie

Un front au milieu de la figure

Une fois de plus, Louisa Hanoune, la plus centralisatrice des dirigeants trotskistes et la plus coalisée des leaders de l?opposition, a soulevé la lancinante question de la souveraineté nationale. Souveraine dans sa nation, elle a proposé, dans sa dernière intervention, de créer, au nom de la liberté, un front pour sauver le pays du libéralisme. Un front ? Un front comment ? De libération nationale ? Il existe déjà. Des forces socialistes ? Déjà pris. Du salut ? Dissous. National ? La marque est déposée. Alors un front frontal ? Mais avec qui ? Et surtout pourquoi ? Faut-il rappeler à Louisa Hanoune qu?il n?y a personne pour monter au front puisque tous en descendent ? Que quand ils ne vont pas bien, les Présidents se soignent à l?étranger. Que les dernières gouttes de pétrole algérien coulent en anglais et font rouler les chars américains qui bombardent les Arabes. Que les images préférées des Algériens viennent de satellites géostationnaires, que la loi de finances algérienne est rédigée chaque année à Washington, au bureau du sous-sol des affaires maghrébines. Que les T-shirts sont chinois, tout comme le plus prestigieux club de football national. Que les strings des filles sont turcs et l?habit le plus porté est un hidjab qui vient d?Orient. Que l?essentiel des communications mobiles sont égyptiennes, que les élections sont importées de Tunisie, que le calendrier de fin de l?année est occidental, que l?islam vient du Hedjaz, que le terrorisme utilise des armes russes, que l?armée vole en hélicoptères français, que le papier des billets de banque vient de Suisse, que la corruption se joue en dollars et qu?un petit euro peut acheter 120 dinars quand il veut. Et bien sûr, que la Télévision nationale est aux mains d?extraterrestres qui parlent tous les jours d?une planète que personne ne connaît. Un front ? Pour sauver quoi ?
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