Algérie

Silence dans les rangs !



Silence dans les rangs ! Boudjerra Soltani n'a décidément pas la victoire humble et il est très loin du précepte islamique si vanté qui veut que la diversité est un bienfait. Au contraire, dans les paroles incendiaires du président du MSP, elle est un mal absolu. Ses adversaires qui ont eu la suprême outrecuidance de vouloir changer de tête reçoivent un chapelet de noms d'oiseaux: mokhaznis, candidature du makhzen et d'autres tournures peu fraternelles. Le glaive est sorti de son fourreau et les têtes, celle de Menasra et d'autres, vont tomber. Quelle hauteur politique ! Alors que le parti n'a pas été en mesure de trouver des candidatures aux locales dans certaines communes où il était très implanté il y a quelques années, il est piquant d'entendre Boudjerra Soltani affirmer que le MSP est sorti de ce congrès dans la posture de l'aigle. Aucune métaphore ne semble suffisante pour déverser le fiel contre ses adversaires, apparemment promis à l'éradication pure et simple. Boudjerra Soltani règle des comptes sur fond de confusion générale où les partis sont réduits à des coquilles vides. Sommer des responsables du parti de se taire n'est en tout cas pas un signe de la bonne santé de «l'aigle». En quoi des prises de positions différentes exprimées dans la presse nuiraient-elles à la bonne santé de ce grand volatile s'il est si fort ? Au-delà des motivations qui ont animé ses adversaires - devenus par glissement des «ennemis» -, la question du rôle et du fonctionnement des partis dans une scène politique largement verrouillée est pertinente. Quelle est l'identité d'un MSP enserré dans le corset de l'alliance présidentielle ? Quel intérêt défend-il, quelle est sa vision ? Ces questions ne peuvent avoir de réponse que si le débat est permis non seulement à l'intérieur du parti, mais aussi en direction de la société dont il quête, au moins, les suffrages. Or, et ce n'est pas seulement le cas du MSP, la vie partisane est triste, réduite à celle de l'état-major de l'appareil qui pense avoir le monopole de la «haute» politique. Dans un pays où les problèmes sont légion, on a chaque jour la preuve que les partis politiques, indépendants de leurs militants et non comptables de ce qu'ils font à l'égard de l'opinion, sont réduits à une inutilité sociale même s'il leur arrive de faire du bruit. Dans un tel contexte, un débat sur le rôle du parti n'aura pas été un luxe, mais on comprend aisément qu'il déplaise aux dirigeants. Sur le fond - et cela vaut toujours pour d'autres partis - ses adversaires n'avaient pas tort de poser la question de la détention par le chef du parti d'une fonction gouvernementale. Comment en effet exprimer sa différence quand celui qui incarne la direction du parti est ligoté dans une fonction gouvernementale ? Une boutade veut que Boudjerra Soltani soit le ministre d'Etat, chargé du contrôle du MSP. A la lumière de la sortie véhémente contre ses «ennemis», cela n'a pas l'air d'une simple boutade.
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