Algérie

Séminaire à Alger sur le terrorisme international


Les Africains sensibilisés au discours religieux extrémiste Des experts en matière de sécurité et d’affaires religieuses se sont réunis mercredi dernier à Alger pour parler des liens existant entre «l’extrémisme religieux et le terrorisme»… Cette rencontre de trois jours, ouverte au lendemain des sept attentats à la voiture piégée ayant tué huit personnes et fait plusieurs blessés dans les wilayas de Boumerdès et Tizi-Ouzou, s’est déroulée au siège du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), basé à Alger et mis en place par l’Union africaine (UA), à la suite de l’adoption de la Convention africaine sur la lutte contre le terrorisme. Les experts participant à ce séminaire ont parlé de la facilité avec laquelle il était possible de glisser de l’extrémisme religieux au terrorisme. «Il est impératif que nos gouvernements, déjà engagés dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, incluent la dimension de la lutte contre l’extrémisme religieux dans ses plans de prévention et de lutte contre le terrorisme», a déclaré Saïd Djinnit, commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité, dès le début de la conférence. Il a ajouté qu’»il existe une relation évidente entre extrémisme religieux et terrorisme», et que «le continent africain, qui connaît actuellement des changements en profondeur, tente de promouvoir une perspective différente, pour ouvrir de nouveaux horizons, de nouveaux modes de pensée et de nouvelles formes d’intégration et de communication et les moyens pacifiques de résoudre les conflits».  Le commissaire africain, M. Djinnit, a poursuivi en montrant que le terrorisme international «se nourrit de la folie furieuse de l’extrémisme religieux pratiqué par les courants radicaux qui utilisent le terrorisme pour imposer leur vision à la société». Il a critiqué la vision «occidentale» selon laquelle l’Islam est «une religion absolutiste, prête à tout englober et même [une] religion totalitaire et, partant, belliqueuse... Cette approche sous-tend une certaine islamophobie et fournit une raison d’être aux djihadistes». A son tour, Rezzag Bara, le conseiller auprès du président Bouteflika, a affirmé que «les attentats terroristes en Afrique et dans le monde nous montrent comment cette menace, permanente et globale, requiert de toute urgence notre pleine attention et notre coopération, dans le but de préserver les institutions démocratiques dans nos pays». Il a déclaré que la «campagne incessante» de l’Algérie contre le terrorisme avait aidé à promouvoir la vigilance dans la région et dans le monde. Le chercheur algérien, Liès Boukraa, a quant à lui indiqué que la sensibilisation culturelle, scientifique et religieuse doit être «accrue», pour contrer l’extrémisme religieux qui ouvre la voie au terrorisme. «Nous devons également aborder les questions sociales de telle manière que la haine au sein de la société n’atteigne pas un niveau où elle devient une cause d’insurrection», a-t-il indiqué. L’extrémisme religieux est, selon lui, «essentiellement et avant tout, un outil politique qui utilise la religion, et survient dans le contexte de ruine sociale». L’extrémisme religieux n’est pas une relation d’identité ou d’égalité, mais une «relation de manipulation au sens religieux», a-t-il ajouté. Bien que Boukraa ait dénoncé l’appropriation islamiste de l’Islam, citant la modernisation de la religion, les éléments libéraux et réformateurs, il a indiqué qu’il «serait faux de dire que l’extrémisme religieux n’a rien à voir avec la religion». Il a ajouté que toutes les croyances mondiales, dont l’Islam, la chrétienté et le judaïsme, sont soumises à différentes interprétations.
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