Algérie

Riyad s'ouvre à la Syrie pour isoler l'Iran

Riyad s'ouvre à la Syrie pour isoler l'Iran
En tentant de se rapprocher de la Syrie, l'Arabie Saoudite veut isoler l'Iran de ses alliés arabes radicaux et relancer son initiative de paix au Proche-Orient, estiment des analystes. Le gouvernement saoudien a annoncé hier que le roi Abdallah recevra aujourd'hui le président syrien Bachar Al Assad ainsi que son homologue égyptien Hosni Moubarak. Selon des sources diplomatiques à Riyad, les trois dirigeants discuteront de questions d'intérêt commun et prépareront le terrain au sommet de la Ligue arabe qui doit se tenir le 30 mars à Doha. Cette visite intervient alors que les relations entre Riyad et Damas sont tendues depuis 2005. La Syrie a été pointée du doigt après l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, un protégé de Riyad. Son soutien aux mouvements chiite libanais Hezbollah et islamiste palestinien Hamas, maître de la bande de Ghaza, ont aussi crispé le royaume saoudien. Damas était dans le camp des pro-Hamas lors de la guerre meurtrière de Ghaza (27 décembre-18 janvier) face aux modérés menés par Riyad et Le Caire. Selon des analystes, s'exprimant sous couvert l'anonymat, le premier objectif des Saoudiens est d'isoler la puissance régionale qu'est l'Iran de ses alliés arabes comme le Qatar et la Syrie. Pour Riyad, le soutien de la République islamique aux mouvements radicaux menace les régimes arabes. L'autre sujet d'inquiétude est le programme nucléaire controversé de Téhéran. Pour certains analystes, le roi Abdallah veut aussi recréer l'unité derrière l'initiative de paix saoudienne au Proche-Orient, à laquelle Israël n'a pas donné suite. Adoptée lors du sommet de la Ligue arabe de 2002 et relancée en 2007 par les Saoudiens, elle propose la normalisation des relations entre Israël et les pays arabes en échange du retrait israélien des terres occupées depuis 1967, de la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et un règlement du problème des réfugiés palestiniens.L'Etat hébreu ne l'a pas formellement rejeté et a dit relever certains « points positifs ». « Israël doit réaliser que le choix entre la guerre et la paix ne sera pas éternel, et que l'initiative arabe actuellement sur la table ne le sera pas indéfiniment », avait lancé le roi Abdallah lors du sommet arabe de Koweït le 19 janvier, à la suite du cessez-le-feu à Ghaza. Inquiets de voir l'Iran utiliser cette guerre pour accroître le radicalisme islamiste, les responsables saoudiens se sont lancés dans une course diplomatique pour convaincre leurs homologues arabes de faire un « dernier effort » en faveur de leur plan de paix, estiment ces analystes. « Vous avez vu (avec la guerre de Gaza) le résultat si on laisse quelque chose (traîner) sans rien faire », explique à l'AFP l'universitaire saoudien Abdul Rahman Al Saïd. « L'absence de paix a créé un vide propice à la radicalisation », ajoute-t-il. Dans ce contexte, le rapprochement saoudo-syrien « ne devrait pas être une surprise », affirme à l'AFP le porte-parole de la diplomatie saoudienne, Ossama Nougali, alors que Damas avait entamé des pourparlers indirects avec Israël sur un accord de paix avant l'offensive de Ghaza. Selon les observateurs, l'Arabie Saoudite espère aussi convaincre la nouvelle administration américaine de faire pression sur Israël pour accepter de négocier un accord global. Riyad veut amener Israël à « agir ou se taire », résume un analyste étranger, alors que l'éventuel échec de l'initiative arabe inquiète. « Le consensus arabe est très fragile, met en garde un autre analyste. L'avertissement est que l'Arabie Saoudite ne sera pas capable d'en proposer un nouveau. »
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