Algérie

Retour sur l'histoire IGHRAM (AKBOU)


Retour sur l'histoire IGHRAM (AKBOU)
De gauche à droite: Idir Balit, vice-président d'APC, Mohand Arab Agsous, Boussad Ibaliden, président d'APC, Djoudi Attoumi, Abderrahmane Harkouk, Madjid Khatri, Abdelmadjid Azzi, Mohand Larbi Mezouari et Mohand Idir Issekonen, vice-président d'APC
La commune d'Ighram renoue avec son histoire glorieuse lors de la célébration du Cinquantenaire de l'Indépendance.
C'est dans une ambiance fraternelle, empreinte de la joie des retrouvailles et de recueillement à la mémoire des martyrs, que la commune d'Ighram a célébré fièrement et à sa manière le cinquantième anniversaire de l'Indépendance.
En effet, c'est le 4 juillet qu'a débuté la cérémonie mettant en oeuvre un programme étalé sur deux jours et établi par la dynamique équipe de l'Assemblée populaire communale qui a associé, pour la circonstance, l'organisation locale des moudjahidine et celle des fils de chouhada.A cet égard, elle a fait appel à des anciens moudjahidine qui avaient assumé, pendant la guerre, des responsabilités dans la région. Parmi les concernés figurent Mohand Arab Agsous, Mohand Larbi Mezouari, Djoudi Attoumi, Madjid Khatri, Abderrahmene Harkouk et Abdelmadjid Azzi, un enfant d'Akbou dont les parents sont natifs de la commune d'Ighram. Ils ont été accueillis par le président de l'APC, Boussaâd Ibaliden et le vice-président Idir Balit. Il s'agit, dans un premier temps, de rendre visite à l'ancien hôpital de l'ALN implanté sur les hauteurs de la commune, à l'entrée du village d'El Mechta.
Les invités, accompagnés par le président et le vice-président de l'APC, se sont rendus sur les lieux mêmes où Mohand Larbi Mezouari avait exercé les fonctions de chef de secteur du service de santé de 1958 à 1960. Avant cette date, un hôpital avait été, selon des témoins, érigé au hameau de Zeggane, que la délégation n'a d'ailleurs pas manqué de visiter. Ce fut un moment d'émotion intense ressenti aussi bien par la délégation que par les habitants venus nombreux à sa rencontre. A cette occasion, Mohand Larbi Mezouari a rappelé le rôle qui fut le sien et remémoré quelques-unes des actions entreprises pour soigner une population en proie aux pires sévices de l'armée coloniale. Les grandes batailles qui avaient eu lieu dans cette commune dès 1956, - la première, celle d'Ath Amar Ouzegane en janvier 1956 - ne se comptent plus. Elles témoignent à l'évidence de son importance dans la stratégie de l'ALN et de l'engagement, sans limite, dont avaient fait preuve ses habitants, notamment, pendant les moments les plus durs de la guerre.
Le colonel Amirouche était très souvent l'hôte du village de Taslent, dans la maison des Boudaoud, où il aimait bien séjourner, se sachant en sécurité, malgré sa proximité de la ville d'Akbou. La commune riche de ses 17 villages et hameaux et de ses 13.000 habitants, avait donné à la révolution de prestigieux combattants, des héros - la liste serait incomplète - et dont certains sont toujours en vie. Ighram fut, dès lors, la citadelle contre laquelle venaient se briser toutes les offensives ennemies. Le PC de zone, que dirigeait Djoudi Attoumi, était installé non loin de l'hôpital, dans le hameau d'Ikhervouchen, avant qu'il ne soit déplacé dans un autre lieu, à proximité de Lazib Ben Ali Chérif. En outre, dans le village d'Iamoren, une infirmerie avait été aménagée dans la maison de Amar Azzi, pour accueillir le trop plein de patients en provenance de l'hôpital, jusqu'au jour où elle fut bombardée, tuant sur le coup ses deux enfants. Ce désastre est intervenu, en juin 1958, au cours de la mémorable bataille d'Iamoren, qui avait mis aux prises deux compagnies de l'ALN et plusieurs bataillons ennemis. Le soir, à l'issue de combats meurtriers, l'ennemi s'était retiré, laissant sur le terrain plus d'une centaine des leurs.
Malheureusement, les bombardements au napalm et les obus de l'artillerie ont causé la mort de trente djounoud parmi lesquels l'aspirant Saïd Bellil dit «l'Indochine», l'adjudant Arrouche dit «Ali Baba» et Lounès Ladjadj. Nos blessés reçurent les premiers soins à l'hôpital d'El Mechta, par les mains de Mohand Larbi Mezouari. Par ailleurs, les invités de la commune n'étant pas revenus depuis cinquante ans, ils sont restés admiratifs en constatant les efforts consentis pour relier tous les villages, jusqu'aux coins les plus reculés, par de magnifiques routes bitumées, ce qui, au demeurant, constitue une véritable performance lorsqu'on apprend que c'est par ses propres moyens - les subventions de la wilaya étant insignifiantes - et par une volonté farouche que l'équipe communale s'est acharnée à mener à bien, l'espace d'un mandat, ces grandes réalisations, qui ont manifestement rompu l'isolement au grand bonheur des habitants en attendant d'entreprendre d'autres tout aussi importantes. Le soir, à 21 heures, après le départ des frères Mohand Arab Agsous, Djoudi Attoumi, Madjid Khatri et Hmanou Harkouk, une conférence, animée par Mohand Larbi Mezouari et Abdelmadjid Azzi, a suscité l'intérêt des nombreux auditeurs, particulièrement les jeunes avides de connaître la vraie Histoire de leur pays par les véritables acteurs, en posant des questions pertinentes sur tous les sujets relatifs à la période de la guerre de Libération et auxquelles s'y sont prêté, de bon coeur, les deux conférenciers. Le débat fructueux à duré jusqu'à une heure du matin. Le lendemain, 5 juillet, un hommage particulier est rendu à tous les martyrs, devant la stèle érigée à l'entrée du village d'Iamoren, en procédant au dépôt d'une gerbe de fleurs et à la présentation des armes, pendant la levée des couleurs, par un détachement de la police. Le président de l'APC, le coordinateur de l'Organisation nationale des moudjahiddine et celui des fils de chouhada ont, tour à tour, pris la parole pour glorifier le sacrifice consenti par tous les martyrs de la commune. Des moudjahiddine, parmi lesquels le frère Abdelmadjid Azzi, ont aussi pris la parole pour appeler les nouvelles générations à prendre en main leur destin, à l'image de leurs aînés qui avaient fait preuve d'abnégation pour libérer l'Algérie du joug colonial. En conclusion, ces deux journées commémoratives ont ravivé la flamme du souvenir et renoué avec l'histoire glorieuse de toute la région. Tout cela dans le recueillement et afin que nul n'oublie les sacrifices consentis pour arracher l'Indépendance et mettre fin à la société coloniale. Un grand bravo aux élus de la commune d'Ighram pour cette excellente initiative.
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