Algérie

Réparer une injustice Edito : les autres articles

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Aller à l'ONU n'est, pour les Palestiniens, pas une fin en soi. Ce sera le point de départ d'un nouveau parcours, voire d'un processus de redressement, un processus ayant été substitué à un autre, avec, il est vrai, l'accord des Palestiniens convaincus que c'était là la solution la moins mauvaise. En fait, il n'y avait plus de solution du tout, Israël, selon une formule chère aux spécialistes voulant la paix et les Territoires, inversant une équation qui fait consensus selon laquelle tout processus de paix consiste obligatoirement en l'échange de la paix contre les territoires.
En s'adressant à l'ONU, les Palestiniens étaient confiants. Vingt et une années de tractations ont fini par marquer les esprits et provoquer une salutaire décantation, au point que le mouvement de reconnaissance de l'Etat palestinien, proclamé le 15 novembre 1988 à Alger, est suffisamment vaste pour lui assurer un siège au sein de l'ONU. Même là, les Palestiniens ont fait preuve de prudence et de beaucoup de bon sens. La demande, qu'ils déposeront dans quelques heures, consiste en un statut d'Etat observateur non membre. Un bien dur exercice pour être aussi près que possible de ce qu'est l'Etat, l'élément de base étant, outre une population spécifique et un gouvernement, l'existence d'un territoire.
Malgré l'injustice qui la caractérise, la résolution 181 adoptée par l'ONU le 29 novembre 1947, portant partage de la Palestine, attribue néanmoins une portion de ce territoire au peuple palestinien. Israël et ses alliés ont même décrété une espèce de fin de mission pour l'ONU dès 1949, niant l'existence même du peuple palestinien et ne le traitant que sous l'angle des réfugiés. L'histoire retiendra que le Conseil de sécurité faisait parfois face jusqu'à trois veto, quand il s'agissait de s'opposer à la satisfaction des droits nationaux du peuple palestinien. Voilà un autre concept auquel certains ont voulu substituer, non sans raison, celui des droits politiques.
Une véritable supercherie. Décidément, la fin du siècle dernier a été riche en concepts et même en déclarations de soutien, comme celui qui consiste à se prononcer pour la création d'un Etat palestinien. Même les Israéliens ont décidé de ne plus s'y opposer, sauf que cela consistait plus à épouser l'air du temps. Mais avec plein d'arrière-pensées, la plus importante étant le territoire dont la délimitation relève du bon vouloir israélien. Il s'est même trouvé des Etats pour parler de sacrifices israéliens alors que s'intensifiait la colonisation israélienne, déclarée illégale par l'ONU.
Le processus en question était tellement important qu'il a mis fin à l'idée même de solution à deux Etats.
Qu'importe alors qu'il soit non membre et simplement observateur, la notion même d'Etat palestinien est déjà en soi un acquis important et sa reconnaissance tout autant que ses frontières sont clairement définies et internationalement reconnues. A partir de ce soir, demain tout au plus, les données changeront. L'ONU aura un peu plus de travail, elle le doit bien au peuple palestinien.
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