Algérie

Poursuite du réquisitoire dans l’affaire Khalifa


Plus de 56 milliards dépensés pour des frais d’hôtels Le procureur général a poursuivi hier son réquisitoire dans le procès de l’affaire Khalifa. Ainsi, après les troublants récits qu’il a avancés auparavant, il a donné un autre chiffre qui donnerait le tournis au plus averti des comptables. En effet, le procureur a dé-claré que plus de 56 mil-liards de centimes ont été dépensés par Khalifa Bank dans différents hôtels d’Alger. Le procureur général a souligné que des milliers de personnes ont profité des réceptions organisées par Abdelmoumène Rafik Khalifa dans de grands hôtels de la capitale et dont les factures ont été payées par l’argent des déposants de Khalifa Bank. Pour le seul hôtel Sheraton Club des Pins, des factures d’un montant de plus de 43 milliards ont été établies pour la prise en charge de 4.592 personnes, outre un montant de 2 milliards 230 millions à l’hôtel Mazafran à Zeralda et un autre de plus 9 milliards à l’hôtel Hilton au profit de 498 personnes. Un montant de 17,8 millions de dinars au profit de 400 personnes a été versé à l’hôtel le Mercure et un montant de 18,8 millions de dinars au profit de 486 personnes à l’hôtel Riadh. Les largesses de Abdelmoumène Khalifa ne s’arrêtent pas là, puisque l’ex-golden boy a également offert pour quelque chose comme un milliard et demi de cadeaux, particulièrement en fin d’année. Le représentant du ministère public a également affirmé qu’une somme de 150 millions de centimes a été dépensée par Rafik Khalifa pour l’aménagement d’une résidence personnelle qu’il avait achetée à Hydra et qu’un ordre de virement de 500 millions de cts a servi pour le placement de caméras de surveillance de cette résidence. L’argent, dira le procureur général, est celui de Khalifa Bank, «dont son patron se servait comme s’il s’agissait de son propre bien», ajoutant que 40 voitures, payées avec l’argent de la banque, au nom de personnes inconnues, ont disparu». Par ailleurs, le procureur général est revenu sur les cinq agences de Khalifa Bank qui ont subi des préjudices, précisant que pour l’agence de Koléa, l’instruction et l’expertise ont prouvé que Faouzi Baichi, accusé en fuite, est à l’origine du trou de 1,4 milliard de cts, ce qui a amené la justice, a-t-il dit, à dispenser le reste des responsables de cette agence des poursuites judiciaires. Le préjudice causé à l’agence de Blida est de l’ordre de 12,1 milliards de cts, a rappelé le représentant du ministère public, ajoutant que les différents OPGI ont placé un montant global de 2.287 milliards de cts dans cette agence en contrepartie de «récompenses». Pour le procureur général, tout cela était «les prémices d’une grande escroquerie et de dilapidation de biens publics». Pour le procureur, «si d’autres pays parlent de blanchiment d’argent dans ce genre d’affaires», dans le cas de Khalifa Bank, il était question de «salissement d’argent appartenant au peuple». Il a estimé, dans le même contexte, que l’agence d’El Harrach est celle qui a connu «les plus gaves» opérations de dilapidation de fonds, avançant un montant de 48,5 milliards de cts sorti de cette agence «sans justificatif» aucun. Le représentant du ministère public a également abordé les autres filiales de Khalifa Bank, notamment Khalifa Airways, qui étaient financées par la banque privée, à partir de l’agence de Chéraga, mitoyenne à la caisse principale, avant de souligner que pour les autres filiales «d’autres affaires vont suivre». Parmi les accusés abordés par le procureur général lors de la séance d’hier matin, le DG de DIGROMED (Entreprise nationale de distribution en gros et demi gros de médicaments), Ahmed Yacine, qui a bénéficié d’une somme 840 millions de cts «contre des cours de formation au profit du personnel de Khalifa Bank». Le représentant du ministère public a d’abord mis en doute «cette formation» arguant que la gestion de cette banque «était catastrophique» et que c’était juste «un faux prétexte pour dilapider l’argent du peuple».
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