Algérie

POUR « INCITATION À LA HAINE » EN ÉGYPTE

Un blogger condamné à 4 ans de prison Abdelkarim Nabil Suleiman, un jeune blogger égyptien, arrêté en novembre dernier suite à une plainte de l?université Al Azhar, a été condamné, dernièrement à quatre années de prison ferme pour des écrits publiés sur son blog se rapportant à l?Islam et aux musulmans mais aussi au président égyptien Hosni Moubarak. Le Caire. De notre correspondante Il a ainsi été condamné à trois ans de prison pour avoir « incité à la haine des musulmans et qualifié le Prophète et ses compagnons de bouchers sanguinaires » et à un an de prison pour « outrage au président de la République, qualifié de symbole de la dictature et despote du peuple égyptien ». Ses avocats, présents au tribunal d?Alexandrie d?où est originaire l?accusé, connu dans la communauté des bloggers égyptiens sous le nom de Kareem Amer, ont été surpris par le fait que le jeune homme ait été condamné non pas pour les charges retenues contre lui et figurant dans son dossier relatives à « insultes des religions » et « dissémination de fausses informations de nature à troubler l?ordre public », mais à de nouvelles charges, et ce, sans avoir donné à ses avocats la possibilité de préparer sa défense. Agé de 22 ans, Abdelkarim Suleiman était étudiant en droit à l?université d?Al Azhar d?où il avait été exclu au début de l?année 2006 pour des écrits s?attaquant à certains de ses professeurs, et il a été condamné après la publication sur son site d?une série d?articles dont « L?université Al Azhar et la discrimination raciale entre étudiants et étudiantes, fermez l?université Al Azhar », « La vérité nue de l?Islam comme je l?ai vu à Mahram Beyk ». Il va sans dire que la nouvelle de la condamnation du jeune homme à une peine aussi lourde a immédiatement suscité une onde de choc dans le milieu des bloggers et des organisations de défense des droits de l?homme égyptiens. Ces mêmes organisations et certaines personnalités comme la célèbre féministe égyptienne Nawal Saâdaoui, qui sont accusées par la famille de Abdelkarim Suleiman, selon des propos rapportés par la presse locale, d?avoir eu une « influence néfaste sur Karim et qui continuent par leur soutien bruyant à l?empêcher de s?amender et retrouver le droit chemin ». Les contenus des articles du jeune homme sur son blog, rédigés sur un mode très personnel et qui sont empreints de la subjectivité propre à ce type d?écrit, ont poussé ses avocats à adopter une stratégie de défense qui ne remet pas en cause les accusations elles-mêmes mais à démontrer qu?à partir du moment où ils ont été publiés sur un site internet non domicilié en Egypte, leur auteur ne peut être passible d?une condamnation par la justice égyptienne. La condamnation de ce jeune homme à quatre ans de prison ferme pour des écrits personnels fait en réalité planer une véritable menace sur la communauté des bloggers égyptiens dont certains ne s?attachent pas tant à publier leurs opinions personnelles sur leurs blogs mais concentrent leur énergie dans la collecte et la diffusion d?informations relatives aux abus policiers et violations des droits de l?homme. Les photos et vidéos d?abus policiers et de scènes de tortures et d?insupportables humiliations tournées dans les commissariats du Caire par les tortionnaires eux-mêmes avaient fini entre les mains de certains bloggers qui, en les postant sur leurs sites, avaient déclenché des campagnes de presse qui ont eu pour résultat l?arrestation de deux policiers en décembre dernier. Et c?est dans ce contexte d?extrême tension entre les défenseurs des droits de l?homme et les autorités égyptiennes qu?il faut lire la condamnation du blogger Karim, tombée comme une proie facile d?un régime qui n?a jamais été autant décrié.
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