Algérie

Lunettes de soleil, crèmes, chaussures : Contrefaçon et… effets indésirables

Aucun produit ne semble échapper à la contrefaçon. Un phénomène qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Et la baisse du pouvoir d'achat pousse nombre d'Algériens à acheter le faux.
Ce qui explique l'engouement pour les produits contrefaits, pour la plupart chinois, malgré tous les risques que représentent plusieurs de ces produits sur la santé des citoyens. Ainsi, certains se sont plaints d'allergies, d'irritations aux pieds, de rougeurs et d'inflammations à cause de chaussures dont la qualité des matières entrant dans leur confection, est objet de suspicion et de doute. Une petite virée au niveau des marchés et magasins de la ville d'Oran donne une idée sur l'engouement pour la chaussure bon marché. Au niveau du marché de M'dina Jdida, nombreux sont les marchands ambulants qui proposent des chaussures contrefaites à des prix défiant toute concurrence. Les chaussures pour enfants sont proposées entre 200 et 500 dinars la paire. Celles pour adultes sont cédées parfois entre 400 et 800 dinars. Si leurs prix sont à la portée des petites bourses, il n'en demeure pas moins que certains articles causent plus de mal que de bien pour les pieds. «Pour certaines chaussures, il y a des matières chimiques qui pourraient causer des maladies, l'eczéma ou autres. Les personnes diabétiques sont les premières victimes de ces chaussures », dira un médecin.
«J'ai acheté une paire de chaussures à 600 dinars, au bout de quelques semaines j'ai senti des démangeaisons d'où j'ai eu un eczéma, je suis allée voir un médecin, ce dernier m'a signifié que ce sont ces chaussures qui étaient à l'origine de ce problème de santé, sans parler des odeurs qui se dégageaient de ces chaussures quant je les enlevais», affirme Amina étudiante qui se dit aujourd'hui plus prudente quant à ces produits dont on ignore les composants. Le cas de Amina n'est pas isolé.
Mohamed aussi a fait les frais d'articles pas chers. Voulant faire plaisir à son fils, il lui achète une paire de baskets à 1.000 dinars. Dès le 2ème jour, des égratignures étaient visibles sur les pieds du petit. Le médecin, ayant diagnostiqué une dermatose, due à un champignon existant assurément dans les chaussures achetées.
Les spécialistes affirment que le rush des citoyens sur les chaussures chinoises est légitime vu leurs conditions socioéconomiques. Une paire de chaussure pour enfants importée d'Italie, ou d'Espagne est vendue entre 2.500 et 6.000 dinars.
La contrefaçon n'épargne aucun produit. Les lunettes de soleil sont actuellement le segment de la lunetterie le plus durement touché par la contrefaçon. A peine la saison estivale amorcée que des produits douteux, présentant de hauts risques sur la santé du consommateur, s'écoulent sur le marché. Chanel, Gucci, Armani, Ray Ban, D&G, Police, Persol, Versace ou bien YSL, des faux bien-sûr, proposés à des prix dérisoires. Toutes les grandes marques de lunettes de soleil et autres montures sont étalées tout au long de la place Tahtaha à M'dina Jdida. Le prix ' Entre 150 à 450 DA la paire. Le client a l'embarras du choix pour choisir une paire de lunette de soleil sans débourser beaucoup d'argent. Et si l'activité commerciale fonctionne généralement au ralenti, certains business par contre se portent très bien, particulièrement tout ce qui est utile en ces périodes de canicule. Ainsi, les petits kiosques et les vendeurs à la sauvette qui écoulent des lunettes font de très bonnes affaires.
En réalité, ces lunettes revendues presque pour rien sont de qualité médiocre, mais surtout dangereuses pour la santé du consommateur. Un danger réel surtout pour les yeux, exposés continuellement à la mauvaise qualité des verres non traités qui n'empêchent point les rayons ultras violets (UV) d'atteindre la cornée. 75% des lunettes commercialisées sur le marché local sont issues de la contrefaçon et, de ce fait sont non conformes. «Aussi le métal n'est pas traité, ce qui peut provoquer des allergies et des maladies de la peau », dira un ophtalmologiste. Si elles font un tabac auprès des jeunes, les conséquences de leur port pourraient à long terme représenter un sérieux risque pour les yeux. «Le vrai danger viendrait de la maladie kérato-conjonctivite vernale très fréquente chez l'enfant. Le soleil aggrave cette maladie et une protection s'impose contre les rayons UV. Les lunettes de soleil contrefaites ne présentent pas de protection UV. Les verres doivent filtrer 100% des rayons UV, et si ce n'est pas le cas, cela est dangereux, car ces verres foncés entraînent une dilatation de la pupille, laissant passer les UV néfastes et pouvant provoquer de graves lésions oculaires», prévient notre interlocuteur. Ces produits sont extrêmement nuisibles et risquent, selon bon nombre d'ophtalmologues et d'opticiens, de causer la cécité. Ces derniers continuent à tirer la sonnette d'alarme sur la nocivité de ces produits, mais en vain.
Les spécialistes insistent aussi sur la protection contre les rayons du soleil, par l'utilisation de crèmes solaires «écran total». Ce genre d'articles, écran total, huile et crème de bronzage, pullulent dans les magasins et vendus à même le sol au marché informel. Mais la majorité de ces produits est contrefaite. A M'dina Jdida, sur des étals de fortune, différentes marques d'écran total sont proposées à des prix qui varient entre 200 et 300 dinars. Supposés faire écran (total) contre le soleil, ces baumes, non seulement ne protègent pas, mais en plus nuisent à l'épiderme. Ils portent le nom de marques de cosmétiques mondiales, alors qu'ils ont une origine douteuse. La plupart de ces produits sont vendus par des marchands à la sauvette à des prix 5 voire six fois moins chère que les produits d'origine. Généralement, le consommateur ne sait pas ce que contient le tube ou le flacon de produit qu'il achète. Et les conséquences sur la peau sont dramatiques. A Oran, les cosmétiques viennent en première position des articles saisis (61%) par les services de la douane. Ces produits proviennent essentiellement de Chine, qui reste toujours en tête des pays pourvoyeurs de l'Algérie en produits contrefaits.
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