Algérie

Les oubliés de la Charte : Des dossiers sensibles entre les mains de Bouteflika



Le dossier des ex-détenus de Reggane, ainsi que le dossier des opérateurs ayant perdu leurs biens suite à des actes de sabotage, lors de la décennie noire, sont entre les mains du président de la République. « Nous sommes proches de nouvelles mesures qui peuvent être intégrées dans le cadre de la Charte pour la réconciliation nationale », a affirmé hier, l'invité du Forum d'El Moudjahid, Merouane Azi, président de la Commission chargée du suivi de l'application des dispositions de la Charte pour la réconciliation nationale. Tout en affirmant que l'indemnisation des ex-détenus de Reggane n'est pas comprise dans les textes d'application de la Charte pour la réconciliation nationale, M. Azi a précisé que le dossier des ces ex-détenus est sur le bureau du président de la République. Il a rappelé que selon l'article 47 de la charte pour la réconciliation nationale, le président de la République peut décider de nouvelles mesures en élargissant, à titre d'exemple, l'indemnisation à d'autres cas. Le conférencier a expliqué que plusieurs dossiers ont été déposés aux services de la présidence, pour d'éventuelles mesures en faveur de certains cas dont les dossiers sont épineux, entre autres, le dossier des ex-détenus de Reggane qui ont fait l'objet de détention administrative et qui réclament aujourd'hui, une réhabilitation et une indemnisation. Il y a également le dossier des opérateurs ayant perdu leurs biens suite à des actes de sabotage, lors de la décennie noire. Notons que la majorité de ces opérateurs s'était endettée en recourant à des prêts bancaires. Un autre dossier a été transmis par ladite commission à la Présidence, c'est celui relatif au cas de familles qui ont perdu leurs maisons suite à des bombardements, parce qu'elles étaient utilisées par des terroristes. En attendant ces mesures, Me Azi appelle à la mise en place d'une instance qui sera désignée par la Présidence, et qui aura pour mission le suivi sur le terrain de la mise en application de la Charte pour la réconciliation nationale. Car, selon le conférencier, le taux d'application des textes de loi de la Charte n'était pas le même d'une wilaya à une autre. Par ailleurs, Me Azi a rappelé pour l'occasion, les bilans des indemnisations. Il a affirmé que 50.000 dossiers ont été déposés au niveau des commissions de wilaya. Il a expliqué que 7.000 familles de terroristes ont été indemnisées. Pour ce qui est des personnes disparues, 6.245 dossiers ont été déposés à travers les commissions de wilaya, 5.500 familles ont bénéficié d'indemnisation et 600 autres ont refusé l'indemnisation en «exigeant la vérité» sur les circonstances de disparition de leurs proches. Me Azi a fait également état des travailleurs licenciés pour des raisons politiques. Il a précisé que certains ont été réintégrés dans leur poste alors que d'autres ont reçu des indemnisations. Enfin, Me Azi a souligné que sur 500 dossiers qui sont restés en suspend, 300 ont été jugés irrecevables, car les personnes concernées ont été impliquées dans des affaires de vols et d'agressions. Ces 300 personnes ont été jugées au niveau des tribunaux criminels d'Alger, Boumerdès et Tizi Ouzou. Enfin, des juristes, des représentants de la société civile ont évoqué plusieurs dossiers qui ne sont toujours pas résolus vu la complexité des cas, notamment le cas des enfants qui sont nés dans les maquis, le cas des femmes mariés sans papiers officiels avec des terroristes ainsi que le cas des femmes enlevées et violées par des terroristes.
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