Algérie

Les Français prennent en charge l'aéroport d’Alger



Suez pour les eaux, ADP pour l’aéroport d’Alger: malgré la tension politique entre Alger et Paris, les groupes français obtiennent des contrats directement liés à la vie quotidienne des Algériens.

C’est officiel. Les Aéroports de Paris vont gérer par délégation pendant quatre ans l’aéroport d’Alger. L’annonce a été faite hier à l’APS par le directeur général de l’EGSA (Etablissement de gestion et de services aéroportuaires) d’Alger, M. Mohamed Salah Boultif. Ce contrat entre en vigueur en octobre prochain, après trois mois de gestion «directe et transitoire» par les Aéroports de Paris, effective depuis le 1 juillet. L’intervention des ADP se fait sous l’égide de l’Etablissement de gestion et de services aéroportuaires (EGSA). Le directeur de l’EGSA n’a pas fourni d’autres éléments sur le montant du contrat de gré à gré, en négociations depuis plusieurs mois. Cette entente concerne tout l’aéroport d’Alger et pas uniquement la nouvelle aérogare internationale, inaugurée le 5 juillet dernier par le président Bouteflika. Mais cette aérogare représente la partie la plus importante de l’aéroport d’Alger. La nouvelle aérogare d’Alger, dont les travaux de réalisation ont été lancés en janvier 2005, comprend trois ouvrages d’art et cinq accès principaux pour une enveloppe de près de 50 milliards de dinars. D’une capacité de 6 millions de passagers par an, la nouvelle aérogare d’Alger est dotée d’un parking d’avions d’une superficie de 214.000 m2 avec une capacité de 14 postes de stationnement. La venue des ADP permettra à l’EGSA d’acquérir un savoir-faire dans le domaine de la gestion des aéroports. Les Algériens qui voyagent souvent à Paris connaissent bien le service de qualité fourni par les Aéroports de Paris (ADP) qui ont décidé d’ouvrir une partie de leur capital aux investisseurs privés.

Le ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui, avait indiqué récemment que cette nouvelle infrastructure aéroportuaire a été «conçue par des bureaux d’études algériens et sous la supervision des ADP». Il est à rappeler que le Conseil des ministres avait entendu, le 10 juillet dernier, une communication du ministre sur le contrat de gré à gré relatif à la gestion de l’aéroport international d’Alger Houari Boumediène. Le projet de contrat de gré à gré négocié entre l’Etablissement de gestion des services aéroportuaires d’Alger (EGSA) et les Aéroports de Paris Management (ADPM) a pour objet de confier la gestion et l’exploitation de l’aéroport d’Alger à la société ADPM dans le cadre d’une société de gestion spécifique (EPE) créée à cet effet. Ce contrat, dont la durée est fixée à 48 mois, couvre l’ensemble des domaines de gestion, à l’exception des activités relevant de la police, des douanes, de la Protection civile et du contrôle sanitaire aux frontières. Par ce contrat, la société ADPM s’engage, notamment, à assurer de façon permanente, continue et régulière le fonctionnement des services délégués et de mettre son savoir-faire à la disposition de la société de gestion de manière à lui permettre, à terme, la prise en charge de la conduite totale de la gestion et de l’exploitation de l’aéroport d’Alger. L’ADPM-Alger (Aéroport de Paris Management-Alger) est présent en Algérie depuis un an et demi, dans le cadre de la gestion par l’ADP de l’Aéroport d’Alger. Après Suez pour la gestion d’une partie des eaux de la capitale, Alger fait appel à un autre géant français pour la gestion de l’aéroport international Houari Boumediène, dans un contexte politique tendu marqué par la polémique sur les bienfaits de la colonisation. Mais cette tension ne semble pas influer sur les relations économiques entre les deux pays. La gestion du port d’Alger intéresse également le port autonome de Marseille et les groupes français suivent de près aussi la privatisation d’Algérie Télécom, du Crédit Populaire d’Alger et de l’ouverture de la gestion des ports commerciaux aux investisseurs privés.

 




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