Algérie

Le Traité d?amitié entre l?Algérie et la France non encore signé

Un appel-pétition pose des conditions Un appel-pétition initié dès le 1er novembre dernier par des militants de la société civile, des syndicalistes, des intellectuels et des journalistes indépendants a été diffusé, hier, lors du forum du journal El Bilad, organisé au Centre international de presse (CIP), appelant la France à « reconnaître officiellement sa responsabilité historique, politique, juridique et morale dans les crimes perpétrés en Algérie ». Sans cette condition, « il est impossible de concevoir la signature du traité d?amitié entre l?Algérie et la France », lit-on dans ce document qui a récolté déjà 20 000 signatures en guise de soutien. Les initiateurs de cette pétition expriment, en outre, le droit de l?Algérie de demander réparation à la France pour les destructions systématiques subies par la nation algérienne sur tous les plans durant les 132 années d?occupation, mais aussi sur l?engagement forcé du territoire et du peuple algériens dans les affres de la Seconde Guerre mondiale pour libérer la France de l?occupation allemande. Les invités au forum d?hier, Habib Rachedine, journaliste, Lakhder Ben Saïd, ex-parlementaire, et Ahmed Bouhrik, ex-coordinateur des associations des enfants de chouhada, ont critiqué d?un ton acrimonieux la loi française du 23 février 2005 qui vante les bienfaits du colonialisme en Afrique du Nord. « Cette loi n?est rien moins qu?une falsification éhontée de l?histoire et un énième crime colonial commis à l?encontre de la mémoire collective du peuple algérien », dira l?ex-parlementaire en rejetant, cependant, tout sentiment d?hostilité contre les fils de harkis. « Il existe des fils de harkis plus nationalistes que les intrus du mouvement national », a-t-il avoué, en ajoutant qu?il n?y a aucun complexe devant cette catégorie. Ahmed Bouhrik estime que la culture et le comportement colonialistes persistent en dépit de l?indépendance du pays. « Le réflexe colonialiste s?est mué en provocation après la loi du 23 février », déclare-t-il en ajoutant que les initiateurs de l?appel envisagent de solliciter l?ONU afin de répertorier le colonialisme dans le chapitre des crimes contre l?humanité. Deux lettres vont, également, être adressées aux deux chefs d?Etat, MM. Bouteflika et Chirac, pour les interpeller sur les conditions de la signature du traité d?amitié. Pour le journaliste Rachedine, cet appel vise à se rapproprier la mémoire collective et dont certaines facettes consistent à restituer les archives nationales et les cartographies des mines antipersonnel. « La France doit demander pardon à l?Algérie » après sa reconnaissance officielle, a-t-il indiqué en ajoutant : « Le hic, c?est que la France demande pardon pour les crimes commis contre les harkis en Algérie. » Abdelhafid Amokrane, officier de l?ALN, propose d?intégrer cette initiative dans les établissements éducatifs et universitaires afin qu?elle atteigne son objectif. L?appel se fixe le but de délester les relations entre les deux pays « des affabulations, des falsifications et de toute intention de taire les crimes abominables commis à l?encontre du peuple algérien afin de permettre aux deux Etats et aux deux peuples de s?atteler, avec confiance, à l?établissement de relations saines et libérées de relents de la culture coloniale », est-il relevé dans cet appel. Concernant, à juste titre, le traité d?amitié, les rédacteurs du document déclarent constater que « les responsables des deux pays (MM. Bouteflika et Chirac) sont loin d?avoir assuré les conditions objectives nécessaires à cette amitié à même de lui garantir solidité et pérennité ». Les initiateurs prévoient une rencontre avec des représentants de la société civile française pour débattre du passé colonial et du traité d?amitié. Les détracteurs des deux présidents, MM. Bouteflika et Chirac, pèseront-ils sur ce projet du traité d?amitié ? Nous le connaîtrons avant la fin de l?année.
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