Algérie - Revue de Presse

Le cas dramatique de Djamel


Djamel Saâdoun avait 29 ans, en cette journée du 7 mars 1996, lorsque des gendarmes de la brigade de Bouzaréah, à Alger, sont venus l?interpeller à son domicile, à El Biar. Maître assistant à l?école polytechnique, Djamel venait juste de recevoir son ordre d?appel pour le service militaire. De la brigade, il fut dirigé vers la caserne des transports de Blida en compagnie de plusieurs centaines d?autres appelés, notamment les sursitaires. Durant son séjour, sa mère lui a rendu visite deux fois avant qu?il ne soit transféré le 17 mars 1996, vers une autre caserne à Béchar, de l?aéroport militaire de Boufarik. De cette caserne, il a été dirigé vers Abadla, d?où il a transmis par courrier ses coordonnées à ses parents (Djamel Saâdoun matricule 87 16106576, adresse BP 01-A Erg Ferradj-Abadla 08220 Béchar). De cette caserne, Djamel a écrit trois lettres à ses parents le 25 mars, le 3 avril et le 4 juin 1996, de même qu?il leur a envoyé un mandat-poste d?un montant de 700 DA le 1er avril 1997, soit presqu?une année après. Un mandat qui, selon les parents, a été transmis par le vaguemestre de la caserne de Abadla. L?absence de nouvelles pousse ses parents à s?inquiéter et à écrire aux plus hautes autorités, notamment la présidence de la République, le chef d?état-major de l?ANP, les ministères de l?Intérieur et de la Justice ainsi qu?à l?ONDH. Seule cette institution a répondu à leur courrier le 9 mars 1998 pour leur notifier que leur fils Djamel se trouvait dans une caserne à Blida. « Les services de sécurité nous ont écrit pour nous informer que notre fils a été effectivement arrêté par les gendarmes sur la base d?un télégramme (n° 574) adressé le 3 février 1996 par le directeur du Centre du service national à Alger. Il a été transféré à la caserne des transports de Blida, centre de regroupement de la Première Région militaire. » Cette lettre signée par Rezag Bara, président de l?ONDH, a été adressée à la famille le 9 mars 1998. Depuis, aucune autre information n?a été donnée sur le sort de Djamel. La création de la Commission nationale consultative de promotion des droits de l?homme a incité la famille à relancer les recherches. Une lettre est alors écrite à son président, le 23 décembre 2001. La réponse du premier responsable de cette institution, à travers une correspondance datée du 20 juillet 2002, a fait sombrer toute la famille Saâdoun dans le désespoir, mais aussi la colère. « (...) Sur la base des informations fournies par les services de sécurité, le concerné s?avère être recherché par les services pour son implication dans des actes terroristes. » La famille veut « briser ce mur du silence » autour de la question des disparus, « loin de toute polémique et de toute lutte partisane ». Trouvera-t-elle une oreille attentive à son cri ?

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