Algérie

L'abattage clandestin en hausse Viande halal, mais pas légale

L'Association pour la lutte contre l'abattage clandestin lance un SOS contre ce phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur dans la wilaya d'Oran comme presque partout dans le pays. Dans un point de presse animé, hier, dans le siège de cette association, abritée par les locaux des abattoirs municipaux d'Oran, le président de l'association, Slaïm Abed, a tiré la sonnette d'alarme sur la prolifération effrénée de l'abattage clandestin à Oran, lançant un appel à tous les concernés, les consommateurs compris. « L'abattage clandestin fait des ravages, en dépit des risques certains pour la santé du consommateur. Comme partout ailleurs, l'abattage clandestin est désormais une pratique acceptée par tous », a souligné le vétérinaire, Slaïm Abed. Selon lui, « il ne fait plus de doute que l'abattage clandestin de bovins et d'ovins, mais aussi de poulets, est en nette augmentation. Cette pratique touche nombre de bouchers activant légalement et qui n'hésitent pas à commercialiser de la viande qui ne passe pas par le contrôle des services vétérinaires dans les abattoirs et les tueries agréées. Ces bouchers ont trouvé dans cette pratique illicite un terrain propice pour tirer le maximum de profits aux mépris de la santé du consommateur ». Dans le préambule d'une étude/enquête qu'elle a réalisée, l'association relève que « lors des marchés à bestiaux aux abattoirs d'Oran, de nombreux bouchers achètent par fourgons des agnelles et ceci au su et au vu de tout le monde. Mais le plus grave, c'est l'usage sur les marchés à bestiaux de la wilaya d'Oran de roulettes à estampille contrefaites ». Fait facilement vérifiable, indique le président de l'association, qui souligne que cette fraude est sévèrement punie par la loi. Une simple virée dans les abattoirs d'Oran permet d'avoir une idée sur les dégâts occasionnés par l'abattage clandestin sur l'activité de cet établissement, l'un des plus grands en Algérie.  Bilans à l'appui, la même enquête indique que le volume d'abattage au sein des abattoirs d'Oran a diminué d'environ 80 % durant les années 2005 à 2007. Alors qu'entre 2.000 et 3.000 têtes ovines et bovines y étaient abattues chaque semaine, il y a quelques années, seulement 300 à 400 têtes par semaine tout au plus y sont abattues actuellement, déplore le directeur des abattoirs municipaux d'Oran. Mais qu'est-ce qui fait fuir les bouchers des abattoirs réglementés ? Les frais à payer pour l'accès et l'abattage, ainsi que les impôts, y sont pour beaucoup, font savoir des professionnels de ce créneau.
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