Algérie

Incidence de l’augmentation des prix des matériaux de construction

Le mètre carré habitable passe de 20.000 à 38.000 DA Les projets gigantesques engagés, que ce soient des réseaux routiers, de grandes infrastructures de travaux publics ou de logements, sont confrontés, cette année, à la flambée des prix des matériaux de construction, notamment le ciment et le rond à béton. Les prix ont en effet franchi le seuil du tolérable. La tonne de fer est cédée à 120.000 DA chez les détaillants tandis que le quintal de ciment oscille entre 900 et 1.200 DA. Et les premiers pénalisés par cette augmentation injustifiée sont les entreprises de réalisation dont certains chantiers sont à l’arrêt tandis que d’autres fonctionnent à 20%, sachant que l’arrêt technique des chantiers exposent les détenteurs de marchés à des pénalités de retard, conformément aux clauses contractuelles. Mais cette flambée vertigineuse des prix a aussi un impact direct sur le citoyen demandeur de logement, le prix de revient du mètre carré habitable passant à 38.000 DA alors que les contrats passés avec le gouvernement l’ont plafonné à 24.000 DA… Du coup, l’on se retrouve dans une situation de crise sans précédent, et cette flambée des prix est considérée comme l’un des facteurs qui va retarder l’achèvement dans les délais des projets de grandes infrastructures et surtout les logements, notamment ceux de l’AADL. Il faut souligner que la hausse du prix du ciment est la conséquence d’une forte demande, en égard aux nombreux projets lancés, notamment les grands chantiers des travaux publics et de l’habitat, mais les spécialistes en la matière considèrent, eux, que la hausse des prix est la conséquence d’une spéculation enclenchée par certains entrepreneurs afin de tirer profit de la situation. L’usage de certains documents, tel le certificat de construction, a effectivement permis à certains entrepreneurs de disposer de quantités importantes de matériaux alors que leurs chantiers sont soit à l’arrêt, soit achevés. Des patrons de sociétés de construction ont même déclaré, dernièrement, que ces pseudo entrepreneurs ont procédé au stockage de plus d’un million de tonnes de ciment à des fins spéculatives. Par ailleurs, la vente libre du ciment est aussi pointée du doigt, sachant que les cimenteries effectuent leur vente sans conditions préalables et traitent parfois avec des amateurs, pour ne pas dire des spéculateurs racés. L’on affirme même que les bons de sacs se vendent devant les portes des cimenteries. Afin d’atténuer le problème, les pouvoirs publics ont procédé, dernièrement, à une révision des marges bénéficiaires de la commercialisation du sac de ciment. Ainsi, cette marge a été fixée à 40 dinars par sac de 50 kg pour les revendeurs de gros et de 60 dinars pour les détaillants, comme il a été exigé des revendeurs agréés que les sacs de ciment doivent porter l’identité du producteur, le poids et autres indications, de manière à suivre les éventuelles failles d’un producteur. Mais toutes ces mesures n’ont pu atténuer la tension sur le ciment, même si l’Etat a décidé d’importer, prochainement, 3 millions de tonnes de ciment pour réguler le marché national, et surtout pour approvisionner les grands projets structurants et les milliers de logements en cours de réalisation. Au vu de cette réalité, l’Algérie fait face, aujourd’hui, à un véritable défi pour atteindre ses objectifs portant sur la réalisation des grands projets. Pour ce faire, l’Etat devra se prémunir des spéculateurs et se doter des outils et des moyens à même d’anticiper les besoins et les éventuelles crises. La lutte contre les spéculateurs devra être acharnée pour ériger un marché fondé sur les principes économiques admis et totalement transparents. La crise du ciment et du rond à béton a démontré, si besoin est, la nécessité de la régulation du secteur. On ne badine pas avec l’avenir des grands projets publics. L’Etat est appelé ainsi à durcir les conditions, que ce soit pour ceux qui fabriquent et qui commercialisent les matériaux de construction, ou pour ceux qui les exploitent. En attendant, l’Union nationale des entrepreneurs du bâtiment tire la sonnette d’alarme par la voix de son président, Ahmed Bengaoud, qui affirme que «la seule issue pour éviter d’arrêter les chantiers, après la régression des emplois de 80%, est l’intervention immédiate de l’Etat qui doit prendre des mesures pour que les entrepreneurs ne fassent pas faillite». L’on apprend, par ailleurs, que le ministère de l’Habitat va annoncer une révision des prix et une subvention étatique des matériaux de construction, notamment le ciment, mais M. Bengaoud considère que «ces mesures relèvent du virtuel tant qu’elles ne seront pas suivies de mesures concrètement applicables». B. Soufi
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