Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

Réformer pour améliorer Après la joie de la réussite, c’est au tour du stress de s’installer. Obtenir le bac n’est pas la finalité, bien au contraire, c’est le point de départ d’un nouveau combat qui conduira à l’obtention d’un diplôme qui ouvrira droit à un poste de travail. Toute la difficulté du problème réside dans cette équation, simple a priori: Que choisir pour être sûr d’obtenir dans quelques années un boulot? Les plus chanceux seront ceux qui ont obtenu une forte moyenne qui leur permettra de choisir à leur aise la bonne filière. Et bien qu’ils aient à cœur de s’inscrire dans des branches solides, ils auront un œil sur ce qui se fait à l’étranger, une manière de se ménager une fenêtre sur le monde pour s’éviter des efforts de canots ou de se noyer en mer. Lorgner vers le Nord est devenu un réflexe et faire le bon choix, c’est se donner les moyens de décrocher un visa conforme à cette émigration choisie.Ecoles prestigieuses d’informatique, Polytechnique et autres établissements de renom seront les garants d’une réussite future, surtout si, comme c’est le cas de beaucoup de candidats, une mention «très bien» naît dans un environnement familial aisé et confortable, c’est-à-dire que le candidat a toutes les chances de se faire accompagner par papa ou maman qui connaît une bonne personne qui en connaît une autre, en prévision des coups durs. Tous n’ont pas la chance d’avoir eu la mention TB. Il y a ceux qui attendent les résultats des inscriptions préliminaires pour voir si leurs moyennes leur permettront de s’intercaler entre médecine, pharmacie et un cycle d’ingénieur prometteur. Il y a ceux qui ont obtenu leur bac mais qui développent un syndrome d’échec car n’ouvrant pas droit à la filière souhaitée. D’autres restent réalistes et sont contents d’avoir échappé à l’enfer de Benbouzid. Un bac permettra de jouer dans la cour des grands. Ils s’inscriront là où il y a moyen de s’inscrire et se promettent de repasser l’examen l’année prochaine, avec l’espoir d’obtenir un meilleur résultat qui leur fera entrevoir de plus larges perspectives, maintenant qu’ils sont libérés des contraintes et que la pression ne leur jouera pas de mauvais tours. C’est dans cet état d’esprit que 342.000 nouveaux bacheliers ont été «cédés» à Haraoubia qui devra faire plus de gymnastique pour caser ce beau monde qui force les capacités de l’université algérienne. Cycles longs, cycles courts, LMD, certes, mais aussi d’autres trouvailles qui ne servent à rien sauf à caser des bacheliers qui ont obtenu le sésame mais qui n’auront pas le droit de suivre les études qu’ils souhaitent sont au menu des nouveaux lauréats. L’étudiant part désavantagé dès le début et est pénalisé par un système de sélection qui n’a rien prouvé. Des dizaines de «mentionnés», théoriquement aptes à suivre le cursus universitaire choisi, ont jeté l’éponge. Parce que 18 en sciences, 17 en maths et 19 en physique ne sont pas des garants d’une nouvelle brillante aventure dans des facultés, si le surdoué a le malheur de recourir à un dictionnaire dans un amphi, parce que les cours sont dispensés en français et que le français n’est pas vraiment la matière où des dizaines de surdoués excellent. Miloud Horr
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