Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

Ne pas lâcher tout le fromage C’est au Japon, où il est invité aux travaux du G8, que Bouteflika s’est laissé convaincre pour arrimer l’Algérie à l’UPM. A moins que, désireux de taire ses détracteurs, Sarkozy a levé les réserves émises pour arracher à son homologue algérien cette adhésion qui a fait de l’Algérie un pays «incontournable» et le support sans lequel rien n’aurait pu être entrepris. Une belle revanche qu’il faudrait, cependant, se garder de considérer comme une victoire de notre diplomatie, mais plutôt comme une flatterie destinée à obtenir le beau fromage que nous détenons. Si la parabole rappelle une fable bien célèbre, il n’est pas dit que l’Algérie se devait de fermer le bec pour éviter de subir la mésaventure du corbeau. La politique de la chaise vide n’a jamais réussi aux pays du tiers-monde, aux Arabes encore moins et à l’Algérie en particulier. L’équation à résoudre était, donc, de savoir comment fallait-il s’y prendre pour ouvrir le bec, sans laisser filer tout le fromage. L’une des hypothèses aurait voulu que l’objet tant convoité ne soit pas exposé en totalité, et qu’il faille en laisser une portion de côté pour ne pas avoir à se sentir honteux et confus, plus tard. Il est évident qu’un voyage du président français à Alger, comme cela avait été annoncé, aurait été le voyage de trop. Ce qui aurait eu pour conséquence la mise à mort d’un projet qui n’a jamais été réellement accepté par l’Europe, l’Allemagne en premier. Le Sommet des pays les plus riches de la planète est venu au secours du président français qui se retrouve ainsi dispensé d’envoyer de nouveaux émissaires ou de s’impliquer personnellement, encore. Faut-il pour autant en conclure que l’UPM dépendait du feu vert des autres partenaires du G8 qui se sentent concernés par toutes les questions qui touchent à Israël, l’Amérique notamment? Il est vrai que Sarkozy s’y est très maladroitement pris dans la manière de créer ce nouvel espace géopolitique. Son comportement et ses oukases ont rappelé le «bon vieux temps» des colonies et des protectorats. Sarkozy a pensé, tracé et décidé d’un projet sans consulter ses pairs européens et est allé jusqu’à se substituer aux Africains en désignant son co-président. Beaucoup a été, justement, dit à ce sujet. Que l’Algérie a mal accueilli le fait qu’elle n’hérite de rien alors que les officiels français n’ont jamais cessé de clamer qu’elle était la clé de voûte de l’UPM. Que l’UPM était un moyen de permettre à Israël de pénétrer par effraction en Algérie, et que les Algériens tentaient de négocier la construction de cette nouvelle Union en arrachant à la France la promesse de ne plus soutenir la colonisation du Sahara occidental qui bloque la construction d’une autre union, plus vieille celle-là, l’UMA. Quelle est la part de vérité dans ce jeu de spéculations et à quel degré l’adhésion de l’Algérie est réellement vitale pour le projet de Sarkozy? Quelles concessions a faites le président français et quelles autres a concédées son homologue algérien pour que le rendez-vous du 13 juillet ne soit pas un mariage sans la mariée? Admettre que l’Algérie est capable de bloquer un projet comme l’UPM revient à dire que les pays sont égaux et qu’il n’y a pas d’obstacles à une normalisation «normalisée» des relations tumultueuses entre les deux rives desquelles l’Algérie est souvent sortie amoindrie depuis l’indépendance. Un anachronisme qui laisse entrevoir une autre lecture; celle de se demander si le ballet diplomatique de ces dernières semaines n’avait qu’un but: entretenir un suspense qui aurait pour effet de court-circuiter d’autres réticences importantes -la Turquie et la Syrie- après le oui de l’Algérie? Miloud Horr
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