Algérie

H’lal alihoum, H’ram Alina

Effets de serre politiques? Ouyahia a repris ses fonctions de chef de gouvernement. Il a pris la relève de Belkhadem qui lui-même avait pris celle de Ouyahia. Les deux hommes partagent beaucoup de points communs: tous deux sont chefs de partis puissants, les deux disposent de présidents au perchoir des institutions parlementaires -l’un au Sénat, l’autre à l’APN- tous deux ont été des représentants du Président de la République, ministres d’Etat, font partie de l’Alliance présidentielle, soutenu le programme de Bouteflika, et connu des disgrâces. Autres points communs, ils ont dirigé un exécutif composé des mêmes ministres, et ont gardé le sourire après avoir été limogés, comme s’il s’agissait d’une règle de conduite. Tous deux ont été au creux de la vague pour s’être opposés -publiquement ou en privé- à la volonté du chef.Belkhadem a pris la relève d’Ouyahia. Il a affirmé, à sa prise de fonctions, appliquer le programme sur lequel avait été élu le président en 2004, c’est-à-dire la mission qui avait été confiée à Ouyahia qui avait remplacé Benflis qui s’était déclaré candidat à la magistrature suprême. Belkhadem avait été chef d’un gouvernement qui n’avait subi aucun changement quand Ouyahia était parti. Ce qui pouvait signifier que seul Ouyahia était l’obstacle aux objectifs tracés par Bouteflika. Ouyahia reprend le flambeau et remplace Belkhadem. Il a affirmé, lors de la passation des pouvoirs, appliquer le programme présidentiel, c’est-à-dire celui-là même qu’il s’était attaché à concrétiser avant que Belkhadem ne le remplace. A trois têtes près, Ouyahia retrouvera les mêmes ministres qu’il avait dirigés. Ce qui pourrait signifier que seul Belkhadem était l’obstacle aux objectifs tracés par le président. D’aucuns diront que la désignation de Ouyahia était prévisible au vu des missions de représentant personnel que lui confiait Bouteflika, d’autres affirmeront qu’il n’aurait jamais dû quitter la chefferie et que la parenthèse Belkhadem était une pause tactique pour passer un handicap -la réconciliation nationale- et une astuce pour mettre out un outsider qui gênait de par sa trajectoire qui franchissait des points de passage obligés mais qu’il faut isoler. Belkhadem, un fusible de luxe ou un matériau résistant qui servira à l’architecture d’un ensemble qu’il fallait regarder de l’intérieur pour pourvoir bien le dessiner de l’extérieur? Les spéculations vont bon train car ce remaniement soulève plus de questions qu’il n’en résout. L’ouverture de Ouyahia et son «oui» pour l’adhésion à une UPM qui avait vu la France officielle faire antichambre à El Mouradia n’explique pas tout. La panne gouvernementale et le manque d’imagination de Belkhadem -même s’il s’agit d’une réalité- n’expliquent pas tout, non plus. Sinon les trois ministres remerciés auraient continué à faire de la figuration. Du moins, Ouyahia III aurait provoqué le départ de beaucoup d’autres, car le départ de Ouyahia II n’avait provoqué aucun changement. A ce jeu, toutes les spéculations sont des hypothèses valables. Belkhadem pourrait être de nouveau désigné en remplacement de... Ouyahia, il peut devenir vice-président, il peut représenter le président à l’étranger et il peut se consacrer à la révision de la Constitution. Quant à Ouyahia, sa réputation peut lui rendre service comme elle peut le prédestiner à une nouvelle traversée du désert. Il est vrai que les changements climatiques produisent des effets inattendus. Tou ne s’attendait certainement pas à devenir transporteur, pas plus que Barkat, «médecin». Miloud Horr
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