Algérie

EVOCATION - Il y a 22 ans nous quittait Benbassal Benaouda

Un pan d’une vie consacrée au sport Il y a déjà 22 ans, jour pour jour, que nous quittait à jamais Benaouda Benbassal, mais le souvenir est encore vivace dans l’esprit de beaucoup d’Oranais, notamment ceux qui l’ont connu ou côtoyé au niveau des nombreuses tâches et missions qu’il a eues à accomplir durant son existence dans les secteurs de l’habitat, économique, social, syndical, culturel, à l’APC, l’APW, les Postes et Télécommunications et également le sport. Benaouda n’aura, en quelque sorte, vécu que pour l’épanouissement d’Oran, sa ville natale et celle de ses aïeux. Pour ceux qui ne connaissent pas cet illustre personnage, notamment la jeune génération de sportifs à Oran, nous allons, en commémoration de la date de sa disparition, retracer les grandes lignes de son action au service du sport oranais, régional et national. Benaouda Benbassal est né le 18 novembre 1917, à 6 heures, du matin, dans le mythique quartier populaire de M’dina Djedida, plus exactement à la rue de Constantine. Il est l’aîné d’une famille de cinq enfants, trois garçons et deux filles dont le père, Sid Ahmed Tidjani, alors âgé de 23 ans, est employé à l’hôtel Royal (Bd de la Soummam ex Gallieni). Sa passion pour le sport est née du fait que son père, qui jouait au football dans les différentes équipes des quartiers musulmans de l’époque à Oran, à l’image de «Rachdia» ou «Nassiria» l’emmenait très souvent avec lui pour assister aux rencontres dans lesquelles il évoluait.Le jeune Benbassal avait neuf ans lorsque naquit la grande équipe de l’USMO. Comme tous les enfants de son quartier, il était fasciné par tout ce qui ce rapportait à cette glorieuse équipe unioniste et notamment ses exploits. Il rêvait de porter un jour le maillot «Noir et blanc». Son vœu sera réalisé durant l’été de l’année 1932 où, après avoir tapé sur le ballon avec ses amis d’enfance sur le terrain vague «Ed-Dara» (actuellement Souk El-Kettane en ville nouvelle), il put intégrer les rangs de l’USMO dans la catégorie cadette en même temps que son ami et camarade de classe, Kader Firoud. Seulement, son aventure fut de courte durée, n’excédant pas plus d’une saison, son père l’en dissuada en raison de ses études au collège d’Oran (Ardaillon) où il devait préparer le brevet secondaire l’année suivante, d’autant plus qu’il était un élève excellent. Cette séparation avec l’Union ne durera pas trop longtemps, car une fois ses études achevées (Baccalauréat), il rejoindra le club au poste de trésorier général, où il retrouve ainsi son ami d’enfance Hadj Hacène Abderrahmane. Cependant, un autre évènement viendra interférer dans sa vie sportive en 1933. Un autre club de football était en gestation à Oran, il s’agit de l’ASME (ancêtre de l’ASMO). Benaouda avait 16 ans lorsqu’un groupe d’amis d’enfance, d’ailleurs, pas plus âgés que lui, car à cette époque-là, on était déjà adulte à moins que cet âge-là, le convièrent à les rejoindre. Parmi eux, les regrettés, Hadefi Hadj, Ammi Lakhdar, Benhadada, Guerrach, Benfreha Boudadi, Tahraoui et d’autres, emmené par Boualem Bouakeul dit «Dellali» qui fut le principal artisan de la fondation de l’ASME. Ce club né d’essence nationaliste, se devait d’être représenté par un personnage qui symboliserait le mieux cette image. On pensa, tout de suite, à l’enfant d’Eckmühl, Souiah Lahouari, qui fut désigné par ses pairs, premier véritable président de l’histoire de l’ASME. Quelques temps plus tard, vers le milieu des années quarante, les frères Benbassal Mahmoud (Chahid) et Mohammed, rejoindront les rangs du club asémiste. Mahmoud en tant que trésorier et Mohammed, le plus jeune, auprès des catégories jeunes. Benaouda occupera plusieurs postes jusqu’en 1946, où il devint président. D’autres personnes tout aussi compétentes se sont succédé à la tête de l’ASMO, depuis sa création, nous citerons, pêle-mêle, Aboukébir Baghdad, Kahloul Morceli, Hadj Hadefi et Kacem Hamida que l’on pourrait qualifier, en toute fierté, de dernier défenseur et bienfaiteur de l’ASMO. Benaouda, très pris par les nombreuses opportunités professionnelles qui s’offraient à lui, dut se résigner à s’éloigner du club de ses amours d’adolescent. Cependant, ne pouvant éteindre sa passion pour le sport, il se retourna vers l’arbitrage sur insistance de ses amis, en l’occurrence, Orfi Lahouari et Benamar Miloud. En 1950, il fera ses débuts comme arbitre, où il côtoya de nombreux amis chevaliers du sifflet à l’image de Kouider Benzellat, Benedjadi, Mokhtari, Meftah Ahmed, Kouaïdia, et tant d’autres. Sur ce même plan, lui et son ami Benzellat animeront, en 1965, à la télévision (station régionale d’Oran) une émission hebdomadaire consacrée à l’arbitrage. Bien auparavant, avec Hamou Boutlélis et son compère Benzellat, il fera partie des fondateurs de l’EMO, un club qui contrairement à l’ASME qui vit le jour à Eckmühl, naquit à M’dina El Djedida, cinq années plus tard, soit en 1938. Sa disponibilité pour le sport sera interrompue en 1957, lorsqu’il fut arrêté en 1957, lui, ses deux frères et leur cousin, en leur domicile sis à la Cité Protin, par les forces coloniales et incarcérés à la prison civile d’Oran puis conduits au camp d’internement de Bethioua (ex St-Leu). Après l’appel du FLN, alors que la grande majorité des équipes musulmanes suspendirent officiellement leurs activités, des rencontres amicales, néanmoins, continueront à avoir lieu entres les équipes des quartiers populaires, notamment, M’dina Djida, Hamri, Médioni etc... Parmi ces petites équipes mises sur pied localement, une formation que malheureusement beaucoup d’Oranais ont oublié, la Jeunesse Sportive de Sidi Blel (JSSB) était une sorte de lieu de repli où se retrouvaient les membres de l’OCFLN après des opérations de «Fida», à l’image de Benahmed Lahouari, Benbassal Mahmoud, Rouis Rayah Kadri, Abdelwahab, Habib Derrar, Houari Moudoub, Feknous et tant d’autres... Au lendemain de l’indépendance, Benaouda fera partie du premier bureau de la Fédération Algérienne de Football (FAF) de feu Maouche comme membre(Secrétaire-Général) de la Commission Centrale des arbitres alors présidée par Orfi Lahouari. Toujours dans le bénévolat, parallèlement à ses charges à la tête de la direction régionale des PTT, il continuera d’assumer plusieurs missions auprès de la Ligue régionale de football d’Oran (LOFA) dont il occupera, par deux fois, la présidence (1970 et 1976). Toujours au tout début des années 60, il procédera à la réorganisation, en profondeur, des activités sportives au sein des PTT. L’ASPTTO verra son élargissement à une multitude de disciplines sportives et deviendra, ainsi, un club d’où émergeront des athlètes de haut niveau, notamment en athlétisme, basket-ball, natation etc... Durant son passage à la tête des PTT, il dotera la grande famille postière d’un complexe sportif important (ex Gallia) et d’un centre de vacances aux Andalouses, pour ne citer que ces deux infrastructures, pour l’animation sportive et culturelle. En 1972, en l’absence de feu Othmane Bey Sidi Mohammed (un autre précurseur du mouvement sportif oranais) gravement blessé lors d’un accident de voiture, on fit appel à Benaouda pour prendre les destinées de la Ligue régionale de basket-ball. Durant cette période, le basket, avec des dirigeants consciencieux et des techniciens de valeur de la trempe de Bilakhdar Kaddour, connaîtra un essor considérable à l’Ouest du pays avec des clubs à l’image de l’ASM Oran, le CR Témouchent, l’IRB El-Malah, le CRB Béni Saf, l’IRB Aïn El-Arba, l’USM Bel-Abbès... En 1980, il sera à nouveau sollicité pour prendre la tête de la Ligue régionale de tennis. Pour l’aider dans sa tâche, il fera appel à son collègue postier et camarade dans le sport, Lahouari Brahim. Après un premier mandat, il sera à nouveau réclamé par les tennismen pour un second mandat en 1984. Il y restera jusqu’en 1986, date de sa disparition. Ayant fait partie de la première délégation spéciale (APC d’Oran) de 1962 à 1965, Benaouda s’occupait, outre les secteurs de l’habitat et du service technique, du sport. Aussi, il se chargea, en premier lieu, de la remise en état des infrastructures sportives qui dépendaient de la mairie d’Oran. Il a aussi été membre de la Société de géographie et d’archéologie de la ville d’Oran avec son ami le regretté Hireche Mohammed qui fut également un ancien dirigeant de l’USM Oran. Benaouda avait été chargé de l’histoire du sport à Oran. Enfin, nous ne citerons pas, tellement elles sont nombreuses, toutes les fois où il aura été membre ou président d’honneur auprès de plusieurs associations, entre autres, sportives. Malheureusement, le destin voulut que cet homme qui aura consacré toute sa vie au rayonnement de sa cité, Oran, quitte ce bas monde d’une manière tragique suite à un accident ferroviaire, le 20 juillet 1986, à la veille de son départ pour le pèlerinage à La Mecque. Ce jour-là, Oran perdait l’un de ses fils les plus dignes et ardent défenseur, notamment du mouvement corporatif et du sport accessible à tous. Sa veuve, ses enfants et petits enfants, demandent à tous ceux qui l’ont connu et apprécié pour son humanisme et son immense générosité, d’avoir une pieuse pensée à sa mémoire.   M. Benâmou
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