Algérie

Bouteflika passe sous silence la révision constitutionnelle et évoque les dernières émeutes d’Oran

«C’est impensable qu’un match de foot...» Le chef de l’Etat laisse encore une fois tout le monde sur sa faim. Dans son traditionnel discours devant les cadres du MDN, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’Indépendance, Abdelaziz Bouteflika a évité de parler de la constitution. Attendu par tous pour annoncer ses inten-tions à ce propos, d’autant plus que les partis de l’Alliance, le FLN et le RND surtout, n’ont pas cessé d’insister sur le fait qu’il briguera un troisième mandat, le chef de l’Etat a passé sous silence cette question. Toutefois, il a fait une allusion appelant à l’aide pour achever sa mission. «Le fardeau est lourd, j’ai besoin de votre aide», a-t-il dit à la fin de son discours. Le chef de l’Etat a, par ailleurs, axé son discours sur trois points essentiels ; la réconciliation nationale, la jeunesse et le nouveau découpage administratif. Il a annoncé l’imminence de la révision de l’actuelle organisation administrative. Selon le président, certaines daïras vont passer wilayas déléguées mais resteront toujours rattachées à leurs wilayas d’origine. Le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de réaliser un développement régional équitable et de développer les régions isolées et celles se trouvant aux frontières. «Il s’avère nécessaire de revoir l’actuelle organisation administrative en érigeant certaines daïras en wilayas déléguées afin d’encourager le développement local et de résoudre les problèmes des citoyens» a fait savoir Bouteflika. Par ailleurs, et concernant la jeunesse, Abdelaziz Bouteflika n’a pas manqué de rappeler l’importance de la prise en charge de cette frange de la société qui est victime de la tragédie nationale. «La tragédie nationale a laissé beaucoup de séquelles. Elle a fait des victimes et nous avons perdu une ou deux générations». Il n’a pas manqué de rappeler, à cet effet, la nécessité de prendre au sérieux les revendications de cette frange de la société, mais s’est demandé s’il était justifié de refuser un travail manuel. «Beaucoup de nos jeunes choisissent le travail administratif alors que les programmes de développement offrent des opportunités inestimables de postes d’emploi notamment dans le bâtiment ou l’agriculture». Les jeunes ayant occupé l’essentiel de son discours, prononcé devant des cadres de l’ANP, Abdelaziz Bouteflika n’a pas manqué d’insister sur les différents programmes d’emploi développés par le gouvernement à l’effet d’offrir, d’ici quelques années, 400.000 emplois. Et de revenir sur les dernières émeutes qui ont secoué certaines villes du pays. «Nous comprenons les préoccupations des jeunes algériens, mais il est nécessaire de le faire dans le calme et la sérénité, sans utiliser la violence qui n’honore en rien ni les jeunes ni le pays, et sans s’embourber dans les calculs dont peuvent être à l’origine des parties qui voudraient déstabiliser et semer la zizanie et le désordre dans le pays». L’occasion pour le chef de l’Etat de parler des dernières émeutes qu’a connues la ville d’Oran. «Il est inconcevable qu’un match de football puisse dégénérer pour mettre à feu et à sang le pays. Sans écarter qu’il y a des parties qui exploitent ces jeunes en détresse sociale». Abdelaziz Bouteflika promet, en tout cas, que l’Etat va faire face aux tentatives, d’où qu’elles viennent, de semer le désordre, de détruire les biens publics et privés ou de menacer la stabilité du pays sous aucun prétexte que ce soit. Pour ce qui est du terrorisme, le président Bouteflika a insisté sur la nécessité de promouvoir la réconciliation et de la préserver pour retrouver la stabilité et la paix. «Nous n’allons pas revenir sur la mise en œuvre de ce processus dès lors que nous l’avons adopté avec la bénédiction du Tout-puissant et le soutien indéfectible du peuple algérien qui l’a consacré par une majorité écrasante, suivant ainsi les préceptes de l’Islam, religion de tolérance, et puisant dans nos valeurs humaines et civilisationnelles, elles-mêmes puisées dans la défense intrépide des principes de dialogue, de fraternité et de tolérance» a-t-il déclaré devant les cadres du ministère de la Défense nationale. Pour Bouteflika, pas question de douter de la justesse de l’option qui procède de l’Etat de droit. Un Etat qui se doit de promouvoir les droits de l’Homme et la démocratie. Mais une démocratie, ajoute-t-il, innocente de ce qu’il qualifie «d’accusations calomnieuses que des parties tendancieuses ou des organisations suspectes tentent de lui porter». Allusion aux ONG internationales telles HRW, selon laquelle la politique de réconciliation n’est qu’une amnistie pour dissimuler les crimes commis pendant les années du terrorisme. Le président Bouteflika a, en outre, mis l’accent sur la nécessité de consacrer le processus de la réconciliation nationale afin d’éteindre le feu de la discorde et resserrer les rangs des Algériens présentement et dans le futur «et ce, en dépit de certaines voix sceptiques et des esprits sclérosés d’extrémistes qui tentent de remettre en cause cette initiative». Avant d’ajouter que «les portes de la réconciliation demeurent ouvertes et j’appelle les égarés à rejoindre leurs familles et participer à la construction nationale». Tout en laissant donc les portes de la réconciliation ouvertes, Bouteflika a promis que l’Etat va poursuivre la lutte contre le terrorisme. Tahar A.O. & H. Senouci
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