Algérie

Assurance automobile : les remises sur la formule tous risques plafonnées Economie : les autres articles


Assurance automobile : les remises sur la formule tous risques plafonnées Economie : les autres articles
La branche automobile, qui génère plus de la moitié de la production du secteur, a progressé de 9,5% en 2011 à 43,4 milliards de dinars.
Treize compagnies d'assurances activant sur la place d'Alger se sont mises d'accord sur l'idée de plafonner, dès l'automne prochain, les remises pratiquées sur l'assurance tous risques automobile. Un protocole d'accord a été signé récemment par les compagnies offrant ce produit d'assurance.
Cette convention a été validée la semaine dernière par le ministère des Finances. «Le protocole d'accord que nous avons signé en juin a été approuvé par le ministère des Finances le 4 juillet. Nous allons bientôt fixer les mécanismes de sa mise en 'uvre pour que les réductions en question soient plafonnées dès la prochaine rentrée», a déclaré le PDG d'Alliance Assurances, Hassen Khelifati, lors d'une journée d'information sur l'expérience de sa compagnie en Bourse, organisée jeudi dernier à Alger. «Il fallait mettre fin à l'anarchie qui a caractérisé pendant longtemps les réductions offertes sur l'assurance automobile...
Des remises de 70, de 80, voire de 90% nuisent aux assureurs mais aussi aux assurés qui ne peuvent avoir un service de qualité avec les prix offerts jusqu'à présent», a-t-il soutenu. Faut-il préciser que l'assurance automobile tire l'essentiel de la croissance du secteur et son chiffre d'affaires représente entre 45 et 75% dans le portefeuille des différentes compagnies d'assurances. Pour rappel, le chiffre d'affaires du secteur des assurances a augmenté de 6,9 à 87,3 milliards de dinars en 2011. La branche automobile, qui génère plus de la moitié de la production du secteur, a progressé de 9,5% en 2011 à 43,4 milliards de dinars.
Les tentatives du législateur de remédier à cette disparité en imposant aux compagnies de filialiser les assurances de personnes afin que celles-ci soient développées parallèlement à l'assurance automobile ont buté sur une trésorerie peu solide des compagnies. C'est pourquoi l'accord signé par 13 assureurs publics et privés vient protéger quelque peu un pilier solide sur lequel repose le salut de plusieurs compagnies. L'accord en question fixe à 50% les abattements sur la «tous risques automobile» au profit des entreprises et à 30% les remises en direction des particuliers, a rappelé M. Khelifati.
Le tarif de l'assurance RC (responsabilité civile), appelée assurance de base, étant réglementé, n'est pas concerné par le nouvel accord, a-t-il précisé. «C'est la première fois que les assureurs publics et privés arrivent à s'entendre pour mettre en place un mécanisme permanent de régulation et de concentration», s'est-il réjoui. Selon le même responsable, à cause de plusieurs facteurs dont les réductions anarchiques des tarifs, les compagnies algériennes d'assurances «n'arrivent même pas à réaliser le chiffre d'affaires des entreprises tunisiennes, malgré les potentialités énormes du marché algérien».
La «juste tarification» n'est qu'une affaire de «bon sens», selon lui. Les assureurs algériens remboursent aujourd'hui 3 à 5 DA pour chaque dinar encaissé, une «saignée» qui doit être arrêtée, regrette-t-il. Il précise qu'il est inopportun, néanmoins, de faire l'amalgame entre le plafonnement des remises et l'augmentation des tarifs. Autrement dit, «ce sont les réductions qui seront limitées et non pas les tarifs qui seront augmentés. (...) En plus, si les assurés veulent qu'on leur améliore la qualité de service et qu'on diminue les délais de remboursement, il faut qu'on leur rembourse aux vrais tarifs et il faut qu'ils paient la contrepartie», a-t-il dit. Par ailleurs, M. Khelifati a appelé le gouvernement à «libérer l'initiative bancaire pour permettre aux banques publiques de booster le marché financier».
Plus explicite, il a souligné que des détenteurs d'actions des trois entreprises cotées en Bourse (Aurassi, Saidal et Alliance) trouvent parfois des difficultés, lorsqu'ils ont besoin de liquidité en urgence, à vendre leurs actions. Une situation qui peut changer, si les banques pourraient intervenir en achetant et en vendant des
titres.
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