Les accidents de la circulation continuent de faucher des milliers de vies humaines.
Le phénomène, devenu un sérieux problème en Algérie, ne cesse de prendre de l’ampleur, comme le confirment les derniers chiffres de la Délégation nationale à la sécurité routière. Cette dernière a recensé, jusqu’au 30 novembre 2025, «25.538 accidents corporels sur nos routes, 34.953 blessées, 3.571 décès».
Selon Lahcen Boubka, directeur d’études au sein de la Délégation, qui intervenait hier matin sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, il y a une augmentation de «2,86% des accidents, 4,22% des blessés et 1,95% concernant les décès», par rapport à la même période de l’année 2024.
Le bilan ne cesse de s’alourdir. Et quotidiennement. Rien que pour les dernières 24 heures, la Protection civile vient de faire savoir que «9 personnes sont décédées et 220 autres ont été blessées dans des accidents de la route dans différentes régions du pays».
Outre les pertes humaines, les accidents de la route engendrent d’énormes pertes économiques.
Lahcen Boubka rappelle, dans ce sens, les chiffres émis en 2022 par la Direction générale des finances donnant la somme de 299 milliards de dinars de pertes pour le pays. L’orateur estime aussi que la responsabilité des accidents de la circulation est à assumer «à 96% par les humains (conducteurs), en raison du non-respect du code de la route, manque de vigilance, somnolence au volant…»
«L’état des routes et la vétusté des véhicules ne sont à l’origine des accidents que dans 4% des cas», insiste-t-il.
- La colère des transporteurs
L’orateur est revenu, dans la foulée, sur le projet de loi portant révision du code de la route, qui sera présenté aujourd’hui au Sénat. Selon lui, ce texte «ne se limite nullement au seul durcissement des peines contre les chauffards», mais «intègre aussi la responsabilité civile des services de l’Etat, dont ceux des travaux publics quand il s’agit d’un mauvais entretien des routes, par exemple, ainsi qu’une responsabilité plus accrue des auto-écoles, la mise en place d’un Conseil national pour la sécurité routière en remplacement du Conseil interministériel placé auprès du Premier ministre, etc.»
«C’est la première fois que le code de la route intègre l’ensemble des paramètres intervenant dans la sécurité routière», dit-il.
Adopté, fin décembre dernier, par la Chambre basse du Parlement, le projet de code de la route suscite la colère des transporteurs, toutes catégories confondues (transports de voyageurs et de marchandises). Ils ont enclenché, depuis vendredi dernier, une grève nationale pour exiger l’annulation des lourdes sanctions pénales et financières contenues dans ce texte.
«Nous ne sommes des terroristes !» et «avant de sanctionner les chauffeurs de poids lourds, il faut d’abord réfectionner les routes et assurer la disponibilité des pièces de rechange», clament les camionneurs grévistes qui se sont exprimés dans de nombreuses vidéos postées sur les réseaux sociaux.
Ces derniers conditionnent toute reprise du travail par la suppression des «dispositions problématiques».
Phot d'illustration. El Watan
Madjid Makedhi
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Posté par : akarENVIRONNEMENT
Ecrit par : Madjid Makedhi
Source : elwatan.dz du mardi 6 Janvier 2026