Algérie

Abbès Lacarne honoré par la radio de la Chaîne I

L’homme du «théâtre du dire» La consécration d’un artiste de son vivant est utile d’abord pour ses contemporains parce qu’ainsi cela lui évite d’être un mythe. Qu’il soit illustre ou inconnu, c’est son œuvre qui parle pour lui et témoigne de son cachet particulier qu’il imprime dans notre mémoire. Abbès Lacarne a bien vécu, en une nuit inoubliable, entouré de ses amis et de ses proches et aussi de ses «admirateurs», une émission qui lui a été offerte par la radio algérienne, la Chaîne I et à travers laquelle à été évoqué son parcours de comédien, qui après une éclipse d’une quarantaine d’années réapparaît contre toute attente avec sous sa musette une forme théâtrale qu’il intitule «Le théâtre du dire» en collaboration avec le café littéraire du Théâtre régional de Sidi Bel-Abbès, autour duquel va se greffer en alchimie les ingrédients du terroir sur une scène volontairement nue où fourmillent accessoires de musique et costumes, dans une scénographie chère aux places publiques. En fait, c’est le spectacle destiné au peuple vivant, celui qu’on reconnaît au souk avec ses mille et une comédies pour remplir un couffin, avec les petits porte-monnaie des petites bourses, ses cafés à l’esthétique brutale dans ses couleurs et ses consommateurs typiques du bled, ses chanteurs toujours populaires, quelquefois bédouins ou d’autres fois fredonnant le raï des chebs à la frontière de la nausée, et ses fripiers haranguant la foule pour un prix dérisoire mais qui satisfait les démunis... Lacarne sans s’en douter vient jovialement inaugurer une autre façon de «faire le théâtre» sur les bords de la Mekerra avec un entrain, une disponibilité et un savoir-faire exemplaire. Et c’est bien d’avoir cette flamme en soi pour donner à la réflexion du Dr Bencheneb toute son envergure: «Les proverbes sont des lampions pour égayer les transactions commerciales ou les veillées autour du brasero et des nuits de Ramadan». Il faut dire que le plateau à la toute nouvelle Maison de la Culture a brillé par la présence de notables de la ville, en l’occurrence des responsables culturels, des artistes, des journalistes et des citoyens amoureux de l’art. En signe de reconnaissance, la troupe a donné une représentation sous forme d’extrait de «Akhir Halka» et «Paroles et refrains d’autrefois» interprété par Miloud Hassani, Abbès Sedjerari dans des suites d’aphorismes bien de chez nous, des «qaçidates» de Mestpha Ben Brahim, de Cheïkh Benharat, des chansons très prisées telles «Ya khraydya», «Khalouni Nebki aàla Rayi» de Mkalech, de «Racha», de l’odyssée des déportés algériens et également du saxo de Saâdi Mohamed jouant «petite fleur» de Bechet et «Santana» et la superbe guitare de Nebal AbdelKader qui donne «le la» à la soirée. Il y avait aussi les percussions de Sbaâ Ahmed, le karkabou de Assel, sans parler du poème de Rudyard Kipling «Tu seras un homme, mon fils», autant dire la fête a été longuement ovationnée et très suivie par les auditeurs à travers le territoire national. Tout en sueur, ému, pris par une overdose de «mots», Abbès Lacarne dira à brûle point: «Mon bonheur est total... Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont aidé». L’émotion a ceci de fort, elle exprime ce qu’il y a de plus profond en nous. Elle est au dessus de nos contingences. A. Mehaoudi
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