Quand sonnent les tambours du 3e mandat
Le troisième mandat pour Bouteflika quitte, au fil des jours, le domaine de l’hypothétique pour s’installer dans celui du vraisemblable...
Même si le concerné reste muet sur le sujet, laissant ainsi à l’opinion supposer qu’il est plus préoccupé par le quotidien des Algériens, d’autres sont chargés de le faire à sa place. C’est en tout cas la lecture qu’il y a lieu de donner à ce qui s’est passé mardi soir, qu’on peut d’ores et déjà considéré comme un signe de plus dans la volonté de Bouteflika de repartir comme en 14, à savoir la sortie concomitante du FLN et ses satellites que sont l’UGTA, l’UNPA, l’UNJA et hier l’ONEC.
Toutes ses organisations de «la société civile», chacune selon son argumentaire, appellent le président Bouteflika à briguer un troisième mandat. Belkhadem a sonné la charge en indiquant, lors de la conférence de presse organisée mardi soir au siège de Hydra, qu’une structure sera mise en place pour encadrer les demandes des militants en faveur du troisième mandat. Initiative à laquelle l’UNJA est la première à s’associer en exprimant son «soutien absolu» et son appui à sa candidature pour un troisième mandat, mettant en valeur «les réalisations accomplies depuis son investiture à la présidence de la République, notamment le rétablissement de la sécurité à travers la politique de réconciliation nationale, l’amélioration de l’image de l’Algérie et le recouvrement de sa place au double plan régional et international».
Pour l’UNJA, «c’est grâce aux réalisations de Abdelaziz Bouteflika que l’Algérie fait aujourd’hui l’objet d’une rude concurrence entre les grandes nations pour y arracher des investissements dans les secteurs économiques».
L’organisation de l’inamovible Alioui, l’UNPA, lui emboîte le pas aussitôt pour enfourcher le cheval du soutien. «L’UNPA est pleinement disposée à appuyer et à soutenir le président de la République en vue d’un troisième mandat présidentiel qui lui permettra de parachever les différents projets et programmes de développement, dont les résultats commencent à se faire jour et se refléter à travers la stabilité permanente à la faveur de la fin de la crise et le recouvrement de la sécurité et de la prospérité». Telle est la substance d’un communiqué de l’Organisation des fellahs. Et à cette course de «qui annonce son soutien le premier», l’UGTA y prend part en insistant dans ses arguments sur ce que Bouteflika a fait pendant ses deux mandats pour le monde du travail. «Le secrétaire national a enregistré, à l’issue de sa réunion, avec satisfaction, les avancées sociales concrètes pour le monde du travail telles que la promulgation du statut général de la Fonction publique, la revalorisation de l’indemnité complémentaire des revenus des fonctionnaires, la création du fonds de réserve des retraites, la conclusion des conventions de branches et les accords salariaux, l’augmentation des salaires...», souligne un communiqué de la centrale de Sidi Saïd. Ces acquis des travailleurs sont à mettre au crédit de Bouteflika dans sa démarche «d’asseoir et d’approfondir une paix et une cohésion sociales». Raison pour laquelle l’UGTA, tout en lui rendant hommage, lui demande de postuler à un troisième mandat pour «approfondir son œuvre inlassable».
Finalement, il n’y a que le CCDR qui, dans un communiqué, prend le contre-pied de ces «soutiens» pour dire «non à un troisième mandat pour Bouteflika». Pour cette formation politique non agréée, faut-il le rappeler, le désaveu exprimé par les Algériens à travers les deux dernières consultations électorales sont d’abord un échec de Bouteflika et un rejet de sa démarche politique. «Nous le disons aujourd’hui et nous le dirons demain. Non à un troisième mandat pour Bouteflika, non à la continuité d’un système obsolète et anachronique, non à un Pouvoir médiocre, incompétent et prédateur dont l’échec est consommé et que le peuple a rejeté», souligne le CCDR dans un communiqué.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com