
La crise engendrée par la chute des cours du pétrole sur le marché international a contraint le gouvernement à revoir à la baisse ses ambitions pour le quinquennat 2014-2019. Parmi les décisions prises, le gel indubitable des projets inscrits non encore lancés. Sur instruction du Premier ministre, pas moins de 5 000 projets prévus dans presque tous les secteurs d'activités ont été ainsi mis au frigo.Les termes utilisés diffèrent entre annulation, report dans le lancement et gel. Une chose est certaine, les projets, inscrits pourtant dans la loi de finances 2015, n'ont pas été lancés en raison du manque d'argent. La culture, la santé, les affaires religieuses, la jeunesse et les sports, l'agriculture, le tourisme, les ressources en eau, l'habitat... n'ont pas été épargnés par cette sentence gouvernementale. Dans le secteur de la santé, non concerné auparavant par cette mesure, le Premier ministère a annulé plusieurs projets d'hôpitaux et de centres de santé...L'on recense le gel des cinq projets de centres hospitalo-universitaires (CHU) à Alger, à Constantine, à Ouargla, à Tizi Ouzou et à Tlemcen, projetés en partenariat avec des consortiums italien, français, autrichien, britannique et sud-coréen.Au moins 500 projets sont gelés dans le domaine des ressources en eau. Outre des projets de réalisation de conduites d'alimentation en eau potable, cette suspension a touché également le programme de construction de nombreux barrages. L'on peut citer, à ce propos, le grand projet de transfert d'eau à partir d'El-Menia (El-Goléa) vers les Hauts-Plateaux. La conjoncture difficile que traverse le pays a obligé le ministre des Affaires religieuses à annoncer le gel de l'ensemble des projets de construction de mosquées (100), de résidences pour les hommes de culte et d'écoles coraniques à travers les 48 wilayas. L'exception, voire la priorité, est accordée à l'évidence au grand projet de la mosquée d'Alger dont la livraison est prévue en 2017.Dans le secteur des transports, des dizaines de projets sont reportés, à l'instar de ceux relatifs au tramway et à l'extension du métro d'Alger, d'Oran, d'Annaba et de Batna, gelés à cause de la crise financière. D'où le recours à d'autres sources de financement, comme le partenariat public projet (PPP). Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, faut-il le rappeler, a assuré, lors de la réunion avec les 48 walis en août dernier, que les projets de santé, d'éducation et du logement ne seront pas touchés. Or, force est de constater que des projets d'universités, de lycées, de CEM, de routes, d'infrastructures portuaires et aéroportuaires, inscrits déjà dans le cadre du programme sectoriel, sont aussi suspendus jusqu'à nouvel ordre.Considéré pourtant comme prioritaire pour l'Etat, le secteur de l'habitat subit, lui aussi, de plein fouet, les méfaits de cette décision. Sur le terrain, des centaines de chantiers sont bloqués et pour certains carrément abandonnés par manque de financements. Des sources avancent que plusieurs milliers de logements sont actuellement à l'arrêt. Mais le ministre de l'Habitat persiste et signe que l'ensemble du programme quinquennal (2014-2019) sera livré à 100% dans les délais impartis.Le secteur des sports n'a pu accélérer le rythme des réalisations à cause de la crise. Le gel a concerné, par ailleurs, les travaux d'agrandissement du stade du 5-Juillet, notamment la construction d'une nouvelle tribune avec une toiture et l'édification de celui projeté à Aïn Arnat dans la wilaya de Sétif. En outre, quid des 35 centres de formation promis depuis 2003 par les pouvoirs publics pour les clubs professionnels ' La crise a ciblé en plus quelque 584 projets touristiques restés en stand-by. La décision de gel prise par le gouvernement, faut-il le noter, n'a pas été sans conséquences sur le plan économique et social, puisque des entreprises se sont retrouvées dans des difficultés énormes, tandis que des centaines de travailleurs ont perdu leur poste d'emploi.B. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badreddine KHRIS
Source : www.liberte-algerie.com