Alger - A la une

"Si on ne lâche pas du lest, le nouveau modèle économique sera voué à l'échec"



Le rappel des faits exposés dans l'intervention d'Alexander Kateb résume en partie la place accordée au privé (fût-elle théorique pour l'instant) dans ce modèle de croissance.Intervenant sur les ondes de la Chaîne III, Alexandre Kateb, conseiller du Premier ministre Abdelmalek Sellal, a rappelé, de manière parcellaire, le contenu du nouveau modèle de croissance économique, insistant sur le rôle que doit jouer le partenariat entre les entreprises nationales privées et publiques, en y associant également les opérateurs étrangers. Il faut aller dans cette voie pour donner plus de consistance à l'investissement productif, jugé faible, ne dépassant pas les 10% du PIB, a-t-il affirmé.L'investissement au sens global du terme représente, selon lui, 40% du PIB dont les trois quarts sont réalisés par l'Etat. On voit bien que le privé n'y est pas assez impliqué, parce que l'Etat en a voulu ainsi. Cela va-t-il changer dans le cadre du nouveau modèle de croissance économique, adopté par le gouvernement en 2016 dans la perspective de diversification et de transformation structurelle de son économie ' Le rappel des faits exposés dans l'intervention d'Alexander Kateb résume en partie la place accordée au privé (fût-elle théorique pour l'instant) dans ce modèle de croissance. Cette stratégie sera exécutée en trois phases avec pour objectif d'atteindre une croissance soutenue du PIB hors hydrocarbures de 6,5% au cours de la prochaine décennie.Sur le plan de la transformation structurelle de l'économie, le nouveau modèle de croissance cible un taux de croissance hors hydrocarbures de 6,5% par an entre 2020 et 2030, une élévation sensible du revenu du PIB par habitant qui devrait être multiplié par 2,3 fois, et le doublement de la contribution du secteur industriel dans le PIB, soit 10% contre 5,3% actuellement.Néanmoins, l'atteinte de cette cible nécessitera une croissance de la valeur ajoutée industrielle à un taux soutenu ainsi qu'une amélioration de la productivité globale des facteurs qui devra cibler aussi bien l'investissement privé que public. Et c'est pourquoi il est question d'une seconde consolidation budgétaire qui devra graduellement intervenir dès 2025 et qui vise à réduire les dépenses d'équipement inscrites directement dans le budget de l'Etat, sous la condition de mettre en place un nouveau système national d'investissement en faisant appel aux partenariats public/privé.Il ne s'agit là que d'une étape dans le long cheminement vers le développement notamment industriel, en impliquant les entreprises privées et publiques.Aujourd'hui, l'industrie hors hydrocarbures ne compte que pour 5% dans le produit intérieur brut (à peine 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires), ainsi que le mentionne l'invité de la radio. Il faut, ajoute-t-il, multiplier par cinq la valeur ajoutée dans le secteur industriel pour la porter à 50 milliards de dollars à l'horizon 2030. Est-ce réalisable ' Alexander Kateb estime qu'il ne faut pas tout miser sur l'industrie lourde, mais que l'on doit pouvoir aller vers des industries qui nécessitent de la technologie.Le conseiller du Premier ministre a, par ailleurs, évoqué le secteur du BTP, plongé actuellement dans des difficultés financières, la dépense publique ayant baissé. Il souligne que le BTP, représentant 15% du PIB, est "important pour l'économie nationale et qu'avec la diminution de la dépense publique, l'on doit innover dans ce secteur en introduisant, par exemple, des matériaux écologiques et économes et de la connectivité (villes intelligentes)".À côté de cela, Kateb propose de trouver des débouchés à l'international. Il y a, dit-il, des marchés proches, notamment en Afrique, dont les entreprises nationales du BTP peuvent tirer profit. L'expert a dans un autre chapitre parlé de la coopération algéro-russe (la fédération de Russie est invitée d'honneur de la Foire internationale d'Alger qui s'ouvre aujourd'hui), indiquant que le volume des échanges se situe actuellement autour de 4 milliards de dollars, dont une grosse partie concerne les équipements à usage militaire.Youcef Salami
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