Sortir un album chaâbi qui sort des sentiers battus des chansons «fast-food» qui polluent la scène artistique kabyle et le faire marcher est un challenge qu'espère réussir Hamid Matoub, un jeune auteur compositeur dont la carrière ne date pourtant pas d'hier, car entamée il y a trente-deux ans, dans le sillage de son illustre parent, Matoub Lounès. Issu d'une famille artistique, Hamid Matoub commence dans la chanson dès l'âge de quinze ans en se produisant dans les fêtes, influencé par les grands maîtres du chaâbi algérois, vu qu'il a vécu une bonne partie de son enfance à Djnane El-Mabrouk, à Alger. Il était aussi encouragé par Matoub Lounès qui fut son cousin et qui l'aida à lancer son premier album en 1983. Sous la menace terroriste et la pression de la décennie noire, il quitte l'Algérie en 1995 et s'installe en France, comme beaucoup d'autres chanteurs de l'époque. Toujours fidèle à ses choix artistiques, son parcours est plutôt honorable avec des participations à de nombreuses représentations artistiques sur la scène nationale et internationale : France, Allemagne, Angleterre, Canada (Montréal) et Etats- Unis (San Francisco). Comme beaucoup d'artistes, Hamid Matoub a souffert du phénomène du plagiat. Ce qui l'obligea, la mort dans l'âme, à interrompre sa carrière durant cinq années. Le temps qu'il lui a fallu pour la préparation de son nouvel opus intitulé Tadyant-iw (Mon histoire). Neuf titres dans lesquels il retrace son parcours et se dévoile et où il aborde beaucoup de thèmes comme l'amour et ses caprices (l'amour impossible, notre histoire), la famille (ma sœur), une chanson où il aborde le veuvage des femmes, problème qu'il retrace à travers le chemin douloureux qu'a emprunté sa propre sœur depuis la maladie jusqu'à la mort de son mari, des épreuves dures que beaucoup de femmes subissent. Dans Le destin, le chanteur dit son engagement pour les causes féminines”? Des thèmes de société à travers lesquels l'auteur de Tadyant-iw exprime une sorte d'engagement. Des expériences et un vécu véhiculés par le choix du titre donné à son album qui comporte d'autres titres. La malédiction ou Daawessou imawlan, une expression populaire intraduisible qui fait référence à une croyance répandue dans la société algérienne en vertu de laquelle l'échec ou la réussite de quelqu'un dans la vie est conditionné par le degré de son obéissance aux parents. Mon village et Le chemin du retour, deux chansons qui sont un regard nostalgique et un hommage rendu au village qui l'a vu grandir. La quête du savoir, c'est la recommandation que fait un père à ses enfants dans la chanson Lumière de savoir. Un hommage poignant à Matoub Lounès dans la chanson Le symbole où il évoque la question identitaire, la déculturation, la fragilité du combat pour l'identité ces dernières années. Il parle aussi des jeunes à la recherche des valeurs perdues et des repères inexistants. Dans cette chanson, il pleure Matoub mais aussi les victimes du Printemps noir de Kabylie. Un appel à l'union, à la fraternité, et à la prise de conscience, c'est le but de la chanson. Des messages nobles qu'il tente de faire passer à la jeune génération qui n'a pas vécu ces combats et même pour l'ancienne qui les a vécus mais qui a cessé de se battre. Un album 100% acoustique à écouter absolument.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Haddoum Kamela
Source : www.lesoirdalgerie.com