La République doit à ce service d'avoir contribué à son sauvetage. En 25 années d'activité, le DRS a réalisé l'essentiel en matière de sécurité.Les services de renseignement viennent d'accomplir une énième mue. Créés durant la guerre de Libération nationale sous l'appellation de Malg (Ministère de l'Armement et des Liaisons générales) sous l'autorité du Gouvernement provisoire de la République algérienne (Gpra), les services sont passés sous la coupe de l'armée, après l'indépendance du pays. Dénommé Sécurité militaire (SM), le renseignement algérien a très vite forcé le respect de tous ses partenaires étrangers. Réputée redoutable et d'une efficacité reconnue, la SM a accompagné l'Etat et contribué à sa sauvegarde, ainsi que la République, en rapport avec la conjoncture de l'époque. Le service du renseignement a ainsi été cité dans nombre d'affaires relevant de la Sécurité nationale, mais également dans des questions politiques, conjoncture oblige. Il a vu passer de hauts responsables, à l'image de Kasdi Merbah et Noureddine Yazid Zerhouni qui ont connu, après leur départ des services, des carrières de ministres. Kasdi Merbah a été, rappelons-le, le premier chef de gouvernement de l'histoire du pays, après l'ouverture démocratique. Un événement majeur qui a conduit les services à s'adapter et c'est le dernier responsable de cette structure, Medjdoub Lakhal Ayat, qui a terminé le parcours de la SM. Il a été remplacé par Mohamed Betchine à la tête des services qui ont pris une autre appellation: la Délégation général à la documentation et à la sécurité (Dgds). Cette structure est le segment le plus important d'une nouvelle architecture du renseignement issue de la SM. Entre 1988 et 1991, l'Algérie vivait les soubresauts d'un multipartisme qui allait dans tous les sens et les services de renseignement se devaient de s'adapter à la nouvelle donne, mais la complexité de la scène politique de l'époque et les enjeux de pouvoir ont certainement mis à mal les services, dont l'organigramme donnait l'impression, en tout cas, d'être quelque peu inadapté au vu de l'évolution fulgurante de la situation qui a conduit, au final, vers une situation d'impasse. La Dgds aura vécu quelques années seulement. Les autorités supérieures du pays ont donc réaménagé l'architecture des services en créant le Département de renseignement et de sécurité (DRS). Chapeauté, à sa création, par Mohamed Mediene, le renseignement dans sa nouvelle dénomination disposait de larges prérogatives, rendues nécessaires en raison de sa mission première, à savoir la lutte contre le terrorisme. Les 10 années de lutte contre le MIA, le GIA, l'AIS, le Gspc ont permis au DRS de se forger une solide réputation et forcer le respect de toutes les agences de renseignements de par le monde. Preuve de son efficacité, le DRS a été le bras sécuritaire de l'Etat durant les années de terrorisme. La République doit à ce service, composé de patriotes, d'avoir très largement contribué à son sauvetage. En 25 années d'activité, le DRS a réalisé l'essentiel en matière de sécurité. A la lumière de l'évolution de la situation politique nationale et régionale, les services de sécurité algériens doivent vraisemblablement connaître une autre mue. Ainsi, la Direction des services de sécurité (DSS), prendra le relais de l'emblématique DRS.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com