Alger - Revue de Presse

Sous-traitance



L'agence nationale d'études et de suivi de la réalisationdes investissements ferroviaires (ANESRIF) vient de durcir le ton avec legroupement Obascon Huart Lain (OHL) (Espagne) et Infrarail (Algérie) et menace cedernier de résilier son contrat prévoyant la création d'une nouvelle voieferrée reliant les villes de Annaba et Ramdane Djamel.  On croit savoir quel'énorme retard accusé par le groupe espagnol dans la réalisation des travauxsoit la raison de cette menace de résiliation de contrat. Mais pas la seule, sil'on accorde foi aux commentaires qui ont accompagné cette affaire. Lesautorités algériennes reprochent surtout aux Espagnols de faire appel, de façonabusive, à des sociétés algériennes pour réaliser leur projet. Et pas seulementcelui de la voie ferrée Annaba/Ramdane Djamel.  Mais bien au-delàdu principe qui fonde la justesse du point de vue des autorités algériennes,n'y a-t-il pas lieu de relever certains détails, pas du tout avenants, pour nosentreprises nationales? Particulièrement quand la performance de ces dernièresest, encore une fois, remise en cause. Car tout compte fait, il y a toujoursmatière à supputer et de penser surtout que si le groupe espagnol avaitrespecté les délais de réalisation du projet ferroviaire, l'ANESRIF n'aurait,peut-être, pas trouvé à redire. Le pourrait-elle d'ailleurs devant un respectstrict du cahier des charges en termes de délais?  Et il semble bienque ce n'est pas tant le recours à la sous-traitance par l'entreprise OHL quipose problème pour les autorités algériennes, mais c'est surtout le recours àla sous-traitance locale. A bien y réfléchir ce n'est donc pas le procédé quiviendrait à gêner la partie algérienne mais les conséquences qui en résulteraient.Ce qui rejoint un peu le reproche formulé par le président de la RépubliqueAbdelaziz Bouteflika à l'endroit de certaines entreprises étrangères quidécrochent des contrats de haute technicité sous le label du «know how». Lereproche du premier magistrat du pays prend alors un sens particulier quand leministre des Travaux publics avouera publiquement qu'il faudrait cent ans à nosentreprises nationales pour réaliser le projet de l'autoroute Est-Ouest. Maisalors, pourrait-on objecter, comment se fait-il, que dans bien de projetsd'envergure confiés à des étrangers, la matière grise algérienne n'est pastotalement absente et rarement on aura vu leurs contrats dénoncés. Uneobjection qui n'est pas nécessairement infondée, notamment, quand on constateque la présence de ces entreprises étrangères sur le terrain se résume parfoisà deux ou trois cadres qui chapeautent tout un groupe d'ingénieurs et detechniciens du cru. Est-ce à dire que tant qu'un projet marche, le recours à lasous-traitance locale est toléré? Ceci à supposer que le retard pris dans laréalisation du projet par les Espagnols soit réellement imputable au recours àcette sous-traitance locale. La question se pose.
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