Pour long, ténébreux et tumultueux qu'il soit, le tunnel de la médiocritéet de l'incompétence qui sévit sans rémission au-dessus du paysage Algériedepuis nombre de décennies avec un tsunami de dégâts provoqués à tous lesniveaux, n'en offre pas moins, parfois, l'opportunité de quelques furtives ouvertureset de fugaces escapades vers un léger mieux, synonyme d'espoir dans deslendemains moins austères. En disant cela, notre pensée vadroit à l'endroit de l'hôpital régional de Souk Ahras où une mue substantielles'est fait, depuis peu, jour. Remarquable à tous les étages de l'établissementhospitalier, elle présente la particularité d'avoir fleuri et prospéré auniveau de l'état d'esprit des différents acteurs de l'hôpital. Dès que vousfranchissez le seuil de la porte cochère où des agents de sécurité en uniformevous accueillent et orientent, la différence de traitement vous saute aux yeux.Il n'y a pas à dire: quelque chose de fondamental s'est produite, une sorte dedéclic salutaire habite désormais le personnel qui réapprend à centrer tout sonintérêt sur le malade. A l'intérieur des différents services, une constantes'impose à tous: la propreté des lieux. Et ce n'est pas là un moindre détailquand on sait que, souvent, ce même hôpital régional a traîné tel un boulet lasulfureuse réputation d'établissement infect, à l'hygiène douteuse. Il en vanettement autrement aujourd'hui. Le bloc opératoire, qui a rouvert depuis peuses portes après une fermeture forcée consécutive à un malheureux épisode quis'est achevé devant les tribunaux, illustre parfaitement la métamorphose envigueur. Voilà, en effet, un service névralgique dont on a coutume de direqu'il constitue un intéressant baromètre pour mesurer l'état de santé den'importe quelle structure sanitaire, et qui réussit à l'heure qu'il est, desprouesses jamais égalées par le passé. C'est, en effet, une moyenne decinquante interventions chirurgicales qui y sont régulièrement effectuées sanscondition particulière imposée au patient, contrairement aux usages qui avaientcours, lesquels soumettaient le candidat à l'acte opératoire aux rigueurs de lacroix et de la bannière. Aujourd'hui, les choses ont évolué: il suffit de seprésenter, de se faire consulter, préparer son bilan, avant de passer à tableet subir les errements heureusement contrôlés du scalpel... A l'origine de cetheureux revirement, la saine émulation existant entre la bonne douzaine dechirurgiens en place loués pour la plupart d'entre eux pour le caractère quasiirréprochable de leur conduite. Moncef Adjaïlia, doyen de la corporation, chirurgienaux doigts de fée, affirme, à ce propos: «Ce que nous faisons relève de l'ordretrès naturel des choses. Il s'agit d'une obligation dont on s'acquitte sansforcément chercher à l'étaler sur la place publique. Cela en dépit descommérages colportés maladroitement et injustement dans bien de cas à notreencontre. Pour moi personnellement, les choses se présentent de manière trèssimple; je ne suis pas du genre à confondre les genres. Le service public a sesvérités, le privé de même, et il serait particulièrement préjudiciable pour lemalade de vouloir entretenir la confusion. Des textes officiels existent quiréglementent cette activité. Il s'agit de les respecter. Et tout ira pour lemieux». Pour la petite histoire, retenonsle formidable élan de solidarité manifesté par cette brochette de chirurgiensqui ont répondu à l'unisson et sans condition à l'appel de l'administration envue de la circoncision d'une centaine d'enfants issus de milieux défavorisés.L'opération s'est déroulée, dit-on, dans le meilleur état d'esprit grâceégalement au précieux concours du personnel paramédical. Pour revenir aux changementsmajeurs intervenus au niveau de cet établissement hospitalier où l'hospitalitén'est pas à franchement parler un vain mot, il serait injuste de ne pas y voirla main du nouveau directeur général du secteur sanitaire, M. Dib Abdelaziz,intronisé depuis six mois environ et qui de l'avis général, n'est pas du toutétranger au renouveau constaté grâce à la discipline de fer imposée à tous etau respect quasi religieux voué au malade: «Nous sommes tous ici conscients quesi nous sommes là où nous sommes, c'est bien pour favoriser le rétablissementdu patient, être à son service et à son écoute, répondre dans la mesure dupossible à ses besoins, soulager ses douleurs. Il doit constituer aux yeux detous les professionnels du secteur le seul centre d'intérêt, la seulepréoccupation. Car vous avez beau acquérir le matériel le plus pointu qui soit,recruter du personnel, le recycler, embellir l'environnement, rien n'avancerasans une prise en charge sérieuse du malade. Dans cette optique, j'estime quenous réalisons des progrès remarquables mais beaucoup reste à faire. Ceci dit,nous ne baisserons jamais la garde. Un combat colossal nous attend».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Gatouchi
Source : www.lequotidien-oran.com