Les sénateurs RCD disent non à l’augmentation
A l’exception de deux sénateurs RCD, la majorité des membres du conseil de la nation ont voté hier pour l’augmentation des salaires des députés. Ils ont donc dit oui au projet de loi 08/03 du 1er septembre 2008 portant approbation de l’ordonnance modifiant la loi relative aux membres de Parlement, à une semaine de son adoption par les députés à l’APN. L’article 19 de l’ordonnance en question modifie désormais l’indice de calcul du salaire du membre du Parlement, soit une augmentation du régime indemnitaire de près de 300%, ce qui ramène le salaire du parlementaire à l’équivalent de 30 fois le SNMG. A cet effet, le salaire de base du simple parlementaire va dépasser les 230.000 dinars. Approché hier par nos soins, le sénateur RCD, Rachid Arab, a déploré le fait que l’ordonnance en question soit «abusivement utilisée». Pour lui, elle devrait être instituée dans des cas exceptionnels ou dans des situations d’urgence. Selon le sénateur, le rejet du parti du RCD de cette ordonnance est beaucoup plus une position de principe. «Notre formation refuse ce mode de fonctionnement comme procédé pour la passation d’une éventuelle loi. D’autant plus que, soutient-il, les lois s’appliquent à tous les Algériens.» Le représentant du parti de Saïd Sadi au Sénat estimera que «ladite ordonnance est plutôt un subterfuge législatif et juridique utilisé pour fuir les débats au sein de la Chambre basse du parlement». «Aujourd’hui, explique le sénateur, on ne demande pas l’augmentation des salaires des parlementaires en elle-même, mais les moyens appropriés pour accomplir notre tâche de représentant du peuple notamment en assistants et en permanences locales pour se rapprocher mieux des citoyens et de nos élus et répercuter leurs doléances.» Et d’ajouter: «Le problème du parlementaire réside non pas dans la réévaluation du point indiciaire et donc dans son salaire mais plutôt dans l’absence de statut». Pour sa part, la commission juridique et administrative du sénat estime que cet amendement est venu dans le sillage des amendements introduits dans la politique nationale des salaires décidée par le président de la République en faveur des fonctionnaires et des cadres supérieurs de l’Etat. Et ce, pour renforcer le rôle du fonctionnaire dans le développement du pays ainsi que ses capacités à affronter les mutations économiques et sociales. Cette ordonnance, souligne la commission, est venue pour régulariser une situation suspendue concernant l’indemnité du membre de parlement conformément à la grille des salaires révisée, étant donné que le parlementaire est considéré comme un cadre supérieur de l’Etat. Pour ce qui est des partis de l’Alliance (RND, MSP et FLN), ils tentent de défendre leur position en soulignant que les parlementaires algériens sont les plus mal rémunérés dans le monde arabe. «Nous méritons ces augmentations. Ce n’est que justice faite», dira un sénateur de l’Alliance présidentielle. Au même moment, le pouvoir d’achat des Algériens est, quant à lui, complètement laminé par les hausses vertigineuses des produits de large consommation.
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Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com