Le Gouvernement a-t-il du mal à assumer les salaires des députés?
Alors que la récente augmentation des salaires des députés continue d’alimenter la grogne des citoyens à l’égard du parlement et de l’Etat en général, les membres du Conseil de la Nation -eux-mêmes bénéficiaires de cette largesse, en ces heures difficiles pour les ménages-, ont adopté l’ordonnance.
Rien qu’à lire l’intitulé de cette ordonnance, on devine la gêne de ses promoteurs, car à aucun moment on ne parle d’indemnités. L’intitulé officiel de l’ordonnance est «projet de loi portant approbation de l’ordonnance modifiant la loi relative au membre du Parlement».
Hier, devant les sénateurs, Mohamed Khedri, ministre chargé des Relations avec le parlement, a tenté de trouver des arguments pour justifier cette hausse des salaires des parlementaires. Pour lui, cette hausse vise surtout à «valoriser davantage le rôle et la place des membres du Parlement au sein de la société pour leur permettre de mener à bien leur noble tâche qui consiste à représenter le peuple». Mohamed Khedri renvoie la politesse a l’Etat «en saluant les efforts déployés pour mettre à la disposition du parlementaire les moyens nécessaires à l’exercice de ses fonctions. Pour rappel, l’ordonnance adoptée par l’APN mercredi dernier prévoit le changement du point indiciaire de l’indemnité de base mensuelle du membre du Parlement.
M. Khedri a expliqué, dans ce contexte, qu’en vertu de cette nouvelle loi, le point indiciaire de l’indemnité de base mensuelle du membre du Parlement, qui était de 5.438, a été fixé à 15.505, imposable et avec effet rétroactif à compter de janvier dernier. Ce qui se traduit concrètement par le doublement des salaires qui se situent désormais dans une fourchette de 270.000 à 320.000 dinars, sans compter les indemnités liées aux différentes responsabilités exercées au sein des structures organiques des deux chambres du parlement. Il faut juste rappeler que les primes de restauration, logement et habillement sont comprises dans ces nouveaux salaires. Pour sa part, le président de la commission des Affaires juridiques, administratives et des droits de l’homme du Conseil de la nation, Brahim Laroussi, a précisé que la révision des indemnités mensuelles du membre du Parlement s’inscrit dans le cadre de la hausse des salaires décidée par le chef de l’Etat dans le but d’améliorer les conditions de vie et le pouvoir d’achat du citoyen algérien. Sauf que la hausse dont ont bénéficié certaines catégories sociales, notamment les enseignants des différents cycles, sont de bien moindre proportion. Si bien que le SNAPAP n’a pas tardé à monter au créneau et parler de «deux collèges». D’ailleurs, ce syndicat annonce la reprise de la protestation, juste après le Ramadan, histoire de faire bouger les choses pour l’augmentation des salaires au sein de l’administration et surtout l’adoption des statuts particuliers.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com