Alger - Revue de Presse

Regard



Ne jouons plus les temps morts Les fêtes de l’Aïd El-Adha, et le retour des Hadjis -dans une moindre mesure- marquent le gros du bataillon des échéances sociales qui font «trembler» le gouvernement. Pris entre la nécessité d’une politique de cohésion sociale dans le cadre du PES, pressés par les institutions financières internationales pour aller de l’avant afin de compléter le travail «remarquable» qui a été fait dans la réalisation des macroéquilibres (!) qui a valu à Bouteflika, Belkhadem et à tous ceux qui sont passés par la chefferie de gouvernement satisfecit et satisfactions, et face à la baisse vertigineuse du pouvoir d’achat de leurs concitoyens, nos décideurs se sont retrouvés confrontés à un véritable drame: augmenter les salaires de ceux qui dépendent de l’Etat ou s’en tenir à cette orthodoxie financière, quitte à ce que le peuple passe un mauvais mais salutaire «quart d’heure», pour le bien des générations futures.Après avoir été un fervent tenant du maintien des salaires, alors qu’il était aux commandes, Ouyahia a dû se rendre à l’évidence et se ranger de l’avis de Belkhadem: il fallait ouvrir une fenêtre de secours, même provisoire, pour donner l’illusion que l’Etat est à l’écoute, quitte à reprendre de la main gauche ce qui n’a pas -encore- été donné de la main droite. La seule inconnue est de savoir si Ouyahia est, aujourd’hui, d’accord avec les augmentations parce qu’il voit enfin ce qu’il lui était difficile d’entrevoir quand il était sur le perchoir ou s’il s’agit d’une simple stratégie électorale. Après tout, 2009 n’est qu’à un jet de pierre et ni Bouteflika ne s’est prononcé pour un troisième mandat ni Belkhadem n’a refusé de s’aligner sur la ligne de départ. La politique reste la politique et les dogmes économiques valent bien une petite entorse. Janvier frappe, déjà, à nos portes, comme l’ont fait septembre, octobre et décembre quand il fallait affronter la rentrée des classes, le Ramadhan et les fêtes de l’Aïd. Le débat a dû être bien âpre et bien des consciences ont dû être tourmentées. Le FMI et la bonne tenue financière sont une chose, mais elles ne tiennent plus la route quand renifler dans des poubelles et se réserver des bennes à ordures pour y faire ses provisions ne devient plus honteux, mais se transforment en des gestes ordinaires qui s’intègrent dans le paysage comme la vue de ces gardiens de voitures qui ne retiennent même plus l’attention du flic chargé de mettre de l’ordre sur la voie publique. Quand janvier sera là, que ces fameuses augmentations seront une réalité, il n’y aura probablement plus de vie. L’argent manque dans les postes, les hausses des prix n’ont pas attendu le coup de starter réglementaire et les règles économiques subissent la loi du «talion»: on «demande» la suppression de la TVA, des droits de douanes et Dieu sait quel autre artifice pour faire passer la pilule. Alors que l’on continue à se référer à 19$ le baril... La problématique n’est pourtant pas nouvelle, seule la forme a changé. Quand il était encore ministre des AE, Bouteflika avait plaidé pour un nouvel ordre économique mondial. Trente-quatre années plus tard, l’Algérie est restée prisonnière de décisions prises dans des institutions qui ne sont pas aussi regardantes s’agissant de leur propre marmite. Qu’est-ce qui oblige notre pays à respecter des règles qui ne garantissent rien aux générations montantes, sinon un choix limité à la candidature à l’immigration clandestine ou à choisir le métier de kamikaze? Miloud Horr
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