Alger - Revue de Presse

Commentaire



Peur des ouvertures La dernière «innovation» d’Al-Jazeera a choqué. Elle a même outré. En Algérie, particulièrement. Et franchement, il y a de quoi s’en offusquer. Proposer à des internautes s’ils sont pour ou contre les attentats d’Alger était une invitation à des extrémistes islamistes, friands d’Internet et de forum, en particulier, pour remuer le couteau dans une plaie pas encore cicatrisée. Al-Jazeera, en fait, continue de faire valoir son statut de joint-venture d’Al-Qaïda, ni plus ni moins. Depuis le temps que cette chaîne déverse son fiel sur l’Algérie, ses téléspectateurs ont fini par comprendre que la chaîne qatarie avait un compte à régler avec le pays et son installation à Rabat pour diffuser son journal du Maghreb laisse entrevoir ses sombres «prétentions» à diffuser sa désinformation. Mais voilà, le propos n’est pas tant de revenir sur ces actions de bas étages, mais plutôt et curieusement sur l’absence de réaction, officielle, bien sûr. Etrangement c’est HHC qui a été chargé de le faire. Plutôt bizarre. On se serait attendu, au moins, à un communiqué de la présidence ou de la chefferie du gouvernement; mais non, c’est l’ENTV qui le fait. Que le patron de cette dernière critique Al-Jazeera pour son parti pris pour le terrorisme qui frappe le pays, cela va encore mais que ces critiques s’apparentent à une réaction de l’Etat algérien cela surprend. Car, image pour image et cliché pour cliché, que peut offrir la télévision algérienne pour contrecarrer Al-Jazeera? Rien, ou très peu. Et si l’on veut s’en convaincre, et puisque c’est dans l’air du temps, pourquoi ne pas lancer un sondage où la question phare serait: «Pour connaître l’actualité de l’Algérie, regardez-vous l’ENTV ou Al-Jazeera?» Le résultat risque de faire déchanter plus d’un. Al-Jazeera choque, dégoûte même, mais quand, en face, vous avez une chaîne télé au service du pouvoir où seule l’information officielle est tolérée, il ne faut pas se leurrer. Le niveau et les moyens ne sont pas du côté de l’ENTV. Pourquoi, donc, ne pas remettre sur la table l’ouverture du champ audiovisuel et laisser, pour reprendre l’expression d’un de nos politiques, le marché faire son œuvre? C’est à cette seule condition qu’Al-Jazeera pourra être contrée. Le constat reste, malheureusement, valable pour tous les régimes arabes qui ont peur d’ouvrir leurs télés. Cherrak Rafik
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)