Des informations sur le déroulement des négociationsisraélo-palestiniennes publiées dans le journal Le Monde confirment,s'il en était besoin, le caractère illusoire d'un règlement sérieux du conflit.
Les négociateurs mandatés par Mahmoud Abbas ne cachent plusleur désarroi face aux inacceptables exigences territoriales israéliennes. Ledécouragement des diplomates palestiniens «modérés» montre que de l'autre côté,on ne fait pas de différence. Ce qui est exigé d'eux, ce sontdes concessions à n'en plus finir et des renoncements territoriaux de plus enplus grands. Déjà réduite comme peau de chagrin, l'assiette du futur Etat, selonles plans de Tel-Aviv, serait amputée de près de 10% de sa superficie. Lestatut de Jérusalem n'est lui même pas évoqué.
On a bien l'illustration du bantoustan palestinien que lessionistes tentent d'imposer, une sorte d'annexe-dépotoiroù seraient entassées des populations sommées de se taire et d'accepter le diktat.Aux arguments fondés sur le droit international et le retour aux frontières de 1967,l'Etat hébreu répond par des arguties théologiques construites sur le mythe dugrand Israël biblique.
Les objectifs de l'Etat hébreu ne peuvent plus êtredissimulés par les discours complaisamment rapportés par la presse occidentale.On est bien dans la logique absolue d'un Etat colonial, fruit d'une agressionmilitaire et dont le socle est établi sur la dépossession des autochtones. Unelogique en tout point comparable à celle des autres Etats coloniaux, quiprocède de mythes et de constructions idéologiques et qui aboutit aujourd'hui àune situation d'apartheid en bonne et due forme. Les négociations menées parles Etats coloniaux n'ont en règle générale qu'une seule finalité: gagner dutemps pour transformer le fait accompli par la force en réalité juridique.
Les négociateurs «modérés» de l'Autorité palestiniennecommencent à admettre publiquement qu'ils sont l'objet d'une énièmemanipulation, dont le sommet d'Annapolis a été le point de départ. La stratégieisraélienne est claire et les pseudo-concessionsannoncées à grand renfort de publicité ne changent rien à la donne. Ce qui estdemandé aux «modérés» est d'apposer leur paraphe à un document élaboré par lescolons.
Cela n'est pas sans rappeler l'histoire de cette délégationde notables algériens «modérés» amenés à Paris pour des «discussions» au coursdes années trente. Ils avaient été baladés, à tous les sens du terme, dans lacapitale française pour se voir offrir chacun, pour des nécessitésmétéorologiques, un parapluie dont le manche représentait une tête d'oie. A lapopulation qui les attendait sur les quais du port d'Alger et qui s'enquéraitdes résultats de leur mission, les notables dépités agitaient, en réponse, lesmanches des parapluies généreusement offerts par la République. L'expression«Rass al-ouzza» (tête d'oie)est restée dans notre culture politique comme un aveu de tromperie et d'échec. Ilest à craindre que les modérés palestiniens n'aient à offrir à leur populationqu'un succédané de tête d'oie...
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saadoune
Source : www.lequotidien-oran.com