Notre pays doit de ne pas connaître d'émeutes de la faim, commeil s'en produit ailleurs dans le monde consécutivement à la crise alimentairemondiale qui sévit, à sa chance de disposer d'un pactole financier permettant àl'Etat de dégager des enveloppes nécessaires à la couverture des besoinsnationaux en produits de consommation de première nécessité et d'en soutenirles prix à la vente.
Mais il n'est nullement définitivement à l'abri d'unesituation catastrophe, et cela pour la raison que sa sécurité alimentaire estpar trop dépendante de la rente que lui procurent ses ressources enhydrocarbures. Pour que cela se produise, il suffirait que les cours pétrolierschutent. De cela, tout le monde en est conscient: pouvoirs publics, experts etcitoyens lambda. L'unanimité est faite que le pays ne peut et ne doit compteruniquement sur sa rente pétrolière pour assurer sa sécurité alimentaire. Ilreste à savoir comment atteindre cet objectif, d'autant que même s'ils font lemême constat, nos dirigeants ne semblent pas sur la même longueur d'onde quantaux stratégies à mettre en oeuvre pour arriver à ce but.
La fragilité de l'Algérie dans le domaine de sa sécuritéalimentaire n'est pas une donnée nouvelle. C'en est devenu une constante parl'échec renouvelé des politiques économique et agricole expérimentées dans lepays depuis l'indépendance. Cette fois, le droit à l'erreur n'est plus permis: l'Algériedoit se doter d'une stratégie économique dont l'objectif clef devra être lamobilisation et la valorisation de ses propres potentialités industrielles etagricoles. Il y a urgence à définir cette stratégie.
Tout comme Bouteflika a estimé, dansson message au sommet de la FAOorganisé au début juin à Rome, que le «concept de sécurité alimentaire doitêtre réapprécié de manière consensuelle à la lumière des bouleversements quisemblent se dessiner et éventuellement à l'occasion d'un prochain sommetmondial de l'alimentation».
Nos pouvoirs publics devraient s'inspirer de sarecommandation en prenant l'initiative d'un débat national sur la question, ouvertà toutes les compétences, sans ostracisme à l'égard de personnes ou de courantsde pensée. La sécurité alimentaire de la nation est un de ces problèmesfondamentaux qui concernent tous les Algériens, quels que soient leursconvictions doctrinales et leurs penchants politiques. C'est une préoccupationsur laquelle la réflexion la plus large est possible entre gouvernants, expertset professionnels. Il peut en sortir une vision et une stratégie d'actionsconsensuelles autour desquelles l'Etat et les citoyens se mobiliseraient pouratténuer la dépendance de la nation du marché extérieur concernant saconsommation en produits agroalimentaires.
Faut-il pour cela que nos dirigeants aient la modestie dereconnaître qu'ils ne détiennent pas toutes les vérités et admettent que, pours'être souvent trompés sur les réponses qu'ils ont apportées aux problèmes dupays, ils ont besoin d'élargir la réflexion sur cette cruciale question-défi de la sécurité alimentaire à toutes lescompétences nationales.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com