Alger - Revue de Presse

Les brésiliennes arrivent



En matière de viandes, les Algériens vont se mettre et s'en remettre aux brésiliennes. Pourquoi ce choix ? Leurs vaches ne sont pas atteintes de folie, contrairement aux européennes et leurs boeufs seraient verts, selon les étiquetages qualitatifs des catégories agroalimentaires. Le vert étant notre couleur favorite symbolisant notre drapeau et notre Paradis, il n'y a donc aucune allergie visuelle possible en dehors des daltoniens qui sont considérés chez nous comme une minorité. A vérifier. Bien que les minorités chez nous soient toujours source de problèmes, il suffira de les mettre sous contrôle médical sérieux ou de les doter de traducteurs assermentés pour éviter toute interprétation malsaine qui les pousserait ainsi à voir rouge là où il faut voir vert. Du fait que nous avons goûté à toutes les viandes du monde par incapacité à conduire les troupeaux, nous n'aurons donc aucune difficulté à comparer la viande brésilienne avec l'australienne, la néo-zélandaise ou même argentine. Dans un pays qui dispose d'un cheptel de plus de 18 millions d'ovins, et seulement un peu moins de 200.000 bovins tous sexes confondus, nous avons intérêt à épuiser les stocks des autres, particulièrement à une époque où la sonnette d'alarme est tirée à propos de la raréfaction des produits alimentaires. Par la même occasion, notre population asine officielle, qui avoisine les 200.000 têtes, et notre population mulassière, qui tourne officiellement autour de 50.000, auront la vie longue. Il reste que les dromadaires appelés dans leur propre pays les chameaux par mauvaise traduction des Français, qui n'ont jamais rien compris à nos animaux locaux, ces dromadaires donc risquent de disparaître de l'espace saharien du fait que les Sahraouis préfèrent la viande cameline à toutes les autres, y compris la vache brésilienne. Nous disposons de près de 160.000 dromadaires dont on peut maintenant se passer pour le transport de marchandises auquel ils étaient destinés auparavant mais que nous devons conserver par souci écologique. Auparavant, il n'y avait pas de camions donc pas de trafic dans tous les sens des points cardinaux et les caprins procuraient viande, lait et peau. Non, franchement, ceux qui font la stratégie alimentaire de l'Algérie sont forts. Les Brésiliens aussi. D'ailleurs, ils se font représenter (les Brésiliens) pour ce genre de commerce par un Secrétaire de la Défense, de l'Agriculture et de l'Elevage. C'est dire que le secteur est important et Lulla a gardé quelques airs de syndicalisme pour avoir organisé son gouvernement ainsi. Et pour profiter de l'expérience brésilienne à fond, on devrait peut-être s'inspirer de leur gouvernance pour rattacher la sécurité alimentaire de notre pays à la sécurité nationale si ce n'est pas déjà fait. Enfin, au département qui en a la charge. Cette vision devrait nous amener à offrir au moins une vache brésilienne par an à chaque Algérien et laisser les moutons, les dromadaires et les caprins le temps de tester la viande. Si cela demande une grande organisation de l'Etat et de la famille trop compliquée pour nous, alors prenons le taureau par les cornes et osons une expérience intéressante pour une fois. Appelons les Brésiliens au secours de nos vaches comme nous avons appelé les Chinois au secours de notre bâtiment et cogitons aux autres domaines à secourir.


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