Vers la suppression du Service national ?
Â
Depuis quelques années déjà, une fluidité est observée dans le règlement des questions relatives au service national, sujet sensible qui intéresse des centaines de milliers de jeunes en âge d’aller en caserne…
Le service national a été pendant longtemps cette épine plantée dans la plante des pieds de beaucoup d’universitaires et d’autres Algériens qui n’arrivaient pas à entrevoir clairement leur avenir sans avoir obtenu le sésame «jaune» qui leur permettra, qui d’embrasser une carrière dans la fonction publique, qui dans d’autres créneaux. Institué en 1969 par feu le colonel Chabou, mort dans un accident d’hélicoptère, la durée du service national est passée de 24 à 18 mois. Cette réduction a été accompagnée de mesures de sélection afin de réduire le nombre d’incorporables. Avec la politique de professionnalisation décidée vers la fin des années quatre-vingt, le nombre des personnels issus du contingent a entamé sa décroissance pour ne représenter qu’un taux réduit dans la composante de l’armée nationale populaire. Cette tendance a été, cependant, freinée durant les années sombres du terrorisme où le pays avait besoin de ses enfants pour affronter et anéantir l’hydre terroriste, souvent renforcée de l’extérieur.
Aujourd’hui que cette menace a disparu et que la stratégie de défense, conjuguée à la qualité des personnels et des matériels, a stabilisé les effectifs de l’ANP, certaines sources parlent avec insistance de la suppression du service national. Cela ne veut certes pas dire que plus aucun jeune ne sera incorporé, mais la forme et la catégorie des circonscrits -si le projet est retenu- réduiront très fortement la présence du contingent. Il a été successivement question de réduire la durée du service national à une année, puis à six mois seulement. Une formule qui transformera de facto le service national en service militaire. Cette forme ne semble pas avoir été retenue du fait de la complexité des formations techniques et des déperditions en matériels qu’elle pourrait provoquer (usure prématurée). Ce sera la perspective d’acquisition auprès du fournisseur traditionnel de l’Algérie de matériels militaires majeurs pour moderniser l’armée et remplacer ceux arrivés en fin de ressource et des formations sur site et à l’étranger que ces contrats induisent, que les responsables militaires semblent avoir arrêté leur choix. Le recrutement qualitatif à base de personnels contractuels et d’active et le relèvement du niveau de recrutement auront été les autres arguments qui pourraient peser en faveur de la limitation de l’incorporation des jeunes du service national. La nouvelle formule, revue et corrigée, ne concernerait que les universitaires titulaires de diplômes purement techniques tels que la médecine, informatique, électronique ou encore le génie civil et mécanique. La décision du président de la République de dispenser des milliers de jeunes (universitaires ou non) en instance de passer leur temps dans les casernes a été une opération qui a apuré les lourds contentieux qui paralysaient la gestion des centres du service national. Elle pourrait être le prélude à la suppression du service national ou, à tout le moins, à la très forte réduction du nombre de jeunes qui recevront leur ordre d’appel. Au-delà des avantages qu’il procure et aux forces armées et aux jeunes, le seul argument qui freinerait encore la prise de décision est que la suppression du service national réduira considérablement la réserve mobilisable en cas d’impérieuse nécessité.
Miloud Horr
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com