Encore un bac vient d'être passé. Encore des inscriptions viennent d'être faites et, bien sûr, une nouvelle promotion d'étudiants, nos propres enfants pour qui ne le sait pas, arpentera les couloirs de nos universités le temps de comptabiliser suffisamment de temps pour que leur patience, et non leurs connaissances, soient reconnue et leur vaudra une licence. Un diplôme qui sera brandi indifféremment par des chômeurs, des repris de justice, des harraga ou des Algériens sans vrai emploi lorsqu'il ne s'agira pas, tout simplement, d'Algériens sans vraie existence comme c'est le cas, malheureusement, pour une bonne partie d'entre nous.
Combien de fois devrions-nous dire, et comment devrions-nous le faire, pour que l'on se rende compte enfin que l'essentiel dans la formation de ceux qui seront, pour qui n'en est pas encore conscient, les responsables de demain, n'est ni dans les infrastructures, ni dans le nombre ni, encore moins, dans notre pitoyable manière de bomber le torse en ramenant tout ce qui bouge sur cette planète, à notre nombril ? Un réflexe préhistorique que nous sommes les derniers sur terre à garder.
Comment faire comprendre qu'un étudiant bien formé vaut, pour le pays, mieux que mille étudiants mal formés ? Comment expliquer qu'il ne suffit pas de traîner un cartable au bout du bras pour être enseignant ? Comment pleurer le mal qui ronge notre université depuis si longtemps et comment crier à la face du monde une colère longtemps retenue devant l'inconscience et l'irresponsabilité de ceux-là mêmes qui devraient constituer le premier rempart contre toute atteinte portée par les ignares, les déchirés, les incapables, les parvenus, les faux et les pseudo-éhontés, dépourvus de la moindre insouciance ?
L'université algérienne ne ressemble plus à l'université algérienne même si d'aucuns, histoire de défendre une croûte des plus putréfiées, ne vivent que pour soutenir le contraire, une attitude qui ne les honore certainement pas et qui, en plus, ne les convainc même pas. La dilution par le nombre est tellement terrible et la dénaturation si profonde que, à elle seule, l'idée de redresser la situation donne de grands vertiges. Par où commencer lorsque le sac perd de partout ?
Le pire dans tout cela, c'est que, mus par des comportements illégitimes et des acquis non mérités, il en est toujours qui trouvent quelque chose à dire. On vous jette à la figure des arguments trempés dans la tromperie et des explications qui ne dupent plus personne, ou alors on vous regarde d'un air qui pourrait vous faire douter de votre bonne santé mentale. Cette manière de faire vise d'abord à empêcher toute critique, et donc toute amélioration, afin que la médiocrité continue à servir et que la bêtise perdure. Jusque-là, on peut dire que ça a réussi, et drôlement même, du moment que notre université a fini par mettre genou à terre. Même le président de la République a fini par tirer la sonnette d'alarme en qualifiant notre université de vestige romain... Alors, c'est pour quand le re-engineering de cette université enfin ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aissa Hirèche
Source : www.lequotidien-oran.com