Les données diffusées par le Centre national del'informatique et des statistiques (CNIS) relatives au commerce extérieur dupays pour le premier trimestre 2008 confirment le dérapage des importations, notammentcelles des produits alimentaires et des médicaments.
Les importations globales de l'Algérie ont atteint 17,91milliards de dollars durant le 1er semestre 2008, en hausse de 37,70% parrapport à la même période de 2007. L'augmentation est très substantielle ettraduit directement la crise des prix de ces produits sur les marchés mondiaux.On le constate arithmétiquement, le bénéfice pour la trésorerie du pays de lahausse des prix pétroliers est fortement réduit par l'augmentation des prix deses importations. Sur un plan plus économique, l'Algérie importe doncmassivement de l'inflation, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur ses équilibres internes.
Mais au-delà de cette observation d'évidence, ces chiffresconfirment sans équivoque le caractère marginal, pour ne pas dire symbolique, dela production nationale. Les discours et les programmes annoncés s'avèrent, annéeaprès année, toujours aussi inopérants.
Cette situation, déjà globalement inacceptable, revêt uncaractère proprement scandaleux pour le secteur pharmaceutique. Les achats demédicaments sont passés de près de 684 millions de dollars au premier trimestre2007 à près de 775 millions pour la même période de cette année. Cette hausseest la résultante directe d'une politique sectorielle caractérisée parl'incohérence et la mise en oeuvre absurde de normes inappropriées. De fait, l'obligationd'investir imposée aux importateurs de produits pharmaceutiques a été levée aunom de l'adhésion aux principes de liberté du commerce dans la perspective del'adhésion de l'Algérie à l'OMC. Outre le fait quecertains opérateurs aient déjà investi et se retrouvent donc dans une positionaffaiblie par rapport à leurs concurrents qui se sont bien gardés de le faire, lalevée de l'obligation d'investir est un avantage sans contrepartie - à lalimite de l'enrichissement sans cause - pour les producteurs étrangers et desimportateurs dont les bénéfices, déjà énormes, ont été copieusement amélioréspar la mansuétude d'une administration sourde, aveugle et impotente.
Cette tendance haussière de la facture pharmaceutique dupays ne risque pas de s'inverser sans, au minimum, la remise en cause immédiated'une stratégie de conformité aux normes de l'OMC. Lesdonnées du CNIS et la réalité prédatrice du commerce libéralisé des médicamentssont à mettre en perspective avec les critiques récentes des pratiquesdestructrices de certains investisseurs étrangers et nationaux, plus soucieuxde transférer leurs dividendes trop facilement acquis que de s'impliquer dansla production interne.
Sur ces bases, la question principale qui se pose est desavoir s'il existe une base minimale de cohérence en matière de politiqueéconomique. A moins que cette cohérence ne soit purement celle d'une logiqued'importation dont la conséquence à terme serait d'insérer définitivementl'Algérie dans l'économie mondiale en tant que comptoir commercial etfournisseur d'hydrocarbures. Sans soutien et sans protection dynamique de laproduction nationale, c'est l'hypothèse qui risque, hélas, de prévaloir.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com