Alger - Revue de Presse

Pacte économique et social, salaire et compétence



Les partenaires sociaux n'ont pu mettre en oeuvre que trois sur une quarantaine d'objectifs inscrits dans le pacte national économique et social qu'ils ont paraphés en octobre 2006. Interrogé la semaine dernière à ce sujet, Ahmed Ouyahia a répondu que «c'est un pacte lyrique». Empreinte d'arrogance, la réponse est celle d'un ex-chef du gouvernement qui sait de quoi il parle parce qu'il connaît la musique. Enfin celle par laquelle il pouvait faire chanter les partenaires sociaux quand il en avait envie. En effet, c'est bien Ouyahia qui, déjà en 1996, avait évoqué en tant que chef du gouvernement, la nécessité de la conclusion d'un pacte national économique et social (PNES). Il récidivera en 1998 en annonçant dans le cadre d'une tripartite, la tenue d'un sommet économique et social pour approfondir la question. La proposition du sommet est reformulée par la tripartite qu'il avait présidée en 2005. Un sommet qu'il n'a jamais tenu. Peut-être parce qu'il ne voulait pas de ce pacte. Mais il faut savoir qu'il en a été l'architecte principal parce qu'en son temps de chef du gouvernement et toujours en 2005, il parrainera la rédaction en tripartite des instruments du pacte en question. La tripartite du 3 et 4 mars 2005 avait, en effet, inscrit le PNES comme premier point dans son ordre du jour et les partenaires sociaux l'ont défini comme étant «une voie nécessaire que tout le pays souhaite et attend comme cela a été exprimé par la voix du chef de l'Etat». Ils sont convenus comme écrit dans le communiqué final de la tripartite de souligner que le pacte «permettra à l'Algérie d'ajouter à l'atout de ses moyens actuels trois autres atouts majeurs à savoir la cohésion autour d'une démarche, la stabilité économique et sociale et la confiance des investisseurs étrangers». Tout ce qui a été retenu au temps de Ouyahia alors chef du gouvernement a été retranscrit dans le PNSE pour être adopté par les partenaires sociaux lors de la tripartite du 30 et 1er octobre 2006. Sauf que cette adoption n'a pas été en sa présence mais en celle de Abdelaziz Belkhadem qui lui avait succédé au même poste. Et c'est peut-être parce que c'est Belkhadem qui a signé ce pacte que Ouyahia le trouve aujourd'hui «lyrique». Ce qui saute aux yeux, c'est que les nombreux objectifs du pacte ne sont en réalité que les différents points inscrits à l'ordre du jour des nombreuses tripartites tenues jusque-là et dont Ouyahia en a présidé trois durant son passage à la tête de la chefferie du gouvernement. Les deux personnages - Ouyahia et Belkhadem - n'ont rien à envier l'un à l'autre parce que tous les deux ont occupé le même poste sans pouvoir régler des questions d'ordre économique ou social, récurrentes. On en veut pour preuve les communiqués des différentes tripartites que seules les dates de leur signature ont changé. AUGMENTATION DES SALAIRES ET EFFET RETROACTIF
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