Alger - Revue de Presse

Ouyahia n'a vu que de la communication et pas de mise en ?uvre Stratégie industrielle ou stratégie verbale ?



Ahmed Ouyahia n'a pas été tendre au sujet de la «stratégie industrielle», la grande affaire de Temmar. Ce n'est que de la «propagande». Il a défendu la participation de l'Algérie à l'UPM tout en constatant qu'elle est rattrapée par la conjoncture géopolitique. Ceux qui croyaient que l'Algérie avait une stratégie industrielle, Hamid Temmar, en premier, ont dû être ramenés sur terre par Ahmed Ouyahia. Dans une intervention à la radio, le Premier ministre a relevé que cette stratégie industrielle n'a pas été adoptée en Conseil des ministres et qu'elle a beaucoup plus fait l'objet de communications que d'actions. En termes plus directs, cela veut dire que cette stratégie industrielle, annoncée en grande pompe, il y a pratiquement deux ans, jour pour jour, n'est que du vent.       En l'occurrence, il s'agit d'illustration parfaite d'une situation où le pouvoir joue à son propre opposant. Abdelhamid Temmar, qui a été loin d'être avare en matière de communication sur cette stratégie industrielle, et accessoirement, Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement au moment de son annonce, devraient se sentir directement visés par la sortie du Premier ministre. «Chaque équipe a son style, et je n'ai pas pour style de faire de la propagande», a déclaré Ahmed Ouyahia. Sur l'appréciation de la réalité de la nouvelle stratégie industrielle, rien de vraiment nouveau. De nombreux économistes en avaient déjà critiqué le peu de consistance. Le fait que le Premier ministre le dise et parle de mise en ?uvre ne manque pas de piquant mais ne donne pas pour autant une plus grande visibilité à la politique économique du pays. Cette stratégie industrielle «n'a jamais été adoptée» en Conseil des ministres, elle est donc au mieux une simple opinion du ministre Temmar qui, officiellement, après les assises organisées au février 2007, en a remis les recommandations au Premier ministre de l'époque, Abdelaziz Belkhadem. Et, effectivement, il y a eu beaucoup de gesticulation pour reprendre le terme plus acerbe du Premier ministre, pas beaucoup d'actions. Il y a quelques semaines, Abdelhamid Temmar, qui reste toujours ministre de l'Industrie et de la Promotion de l'investissement, soulignait que le «plan de mise en oeuvre» de la stratégie industrielle lancé deux ans plus tôt en était à «sa quatrième et dernière phase, axée sur la formation». Ce qui a été fait, selon lui, durant les «trois phases» précédentes, a consisté à parachever les études d'évaluation des grandes entreprises publiques, la détermination des zones du développement industriel à travers le territoire national, ainsi que la mise en place d'un plan de qualification de ces entreprises... Certains critiques ont ajouté ironiquement que la cinquième phase pouvait éventuellement consister en un plan quadriennal, qui, selon le mot cruel d'un ancien dirigeant, pourrait être réalisé en une «dizaine d'années».

De la feuille de route de quinze ans au «plan de charge»

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