Alger - Revue de Presse

Chakib Khelil «Sonatrach dérange»



Le ministre de l'Energie et des Mines Chakib Khelil n'a pas caché son désappointement et son incompréhension face au «contentieux» qui oppose encore, dans le méga-projet de Medgaz, la compagnie nationale Sonatrach et la société espagnole Gas Natural.

Chakib Khelil qui était l'invité du Forum El Moudjahid a toutefois indiqué hier que la décision de la justice espagnole de reconnaître la «légitimité» d'un recours introduit par Gas Natural dans cette affaire, ne voulait pas forcement dire que la partie est gagnée pour la société espagnole qui est entrée, faut-il le préciser, dans une sorte de «guerre ouverte» contre Sonatrach qui détient 36% de parts dans le projet de réalisation du Medgaz devant relier l'Espagne à partir de l'Algérie. «Ce n'est pas sûr que Gas Natural gagne le recours puisqu'il reste encore à la justice espagnole de se pencher sur le fond», a tenu à rassurer le ministre qui souligne qu'il croyait que le problème était déjà réglé.

Le ministre de l'Energie et des Mines n'apprécie pas également le fait que la société nationale des hydrocarbure Sonatrach soit traitée de la sorte alors que le droit est de son côté et que des dizaines d'autres compagnies étrangères exercent en Espagne et ne rencontrent pas de difficultés.

Chakib Khelil qui rappellera la place qu'occupent les entreprises ibériques dans notre pays et qui exercent sans contraintes, s'est interrogé sérieusement sur cet «acharnement» exercé sur Sonatrach au moment, dit-il, où les deux pays sont liés par des accords stratégiques qui ne datent pas d'aujourd'hui.

«Sonatrach dérange», lâche le ministre qui précisera que cela a commencé depuis que la compagnie nationale, conformément aux accords conclus dans le Medgaz, a décidé de commercialiser sur le sol espagnol les trois milliards de m3 de gaz qui lui reviennent dans le projet et dont seul 1 milliard de m3 est pour l'heure autorisé à être commercialisé par le gouvernement espagnol. La société créée par Sonatrach pour commercialiser ce gaz trouve énormément de difficultés et des problèmes d'autorisation, a déclaré le ministre qui précise qu'une quarantaine d'entreprises exercent pourtant normalement en Espagne et ne rencontrent pas de difficultés ni d'obstacles. «Pourquoi cette discrimination ?», s'est interrogé le ministre de l'Energie et des Mines qui rappellera que le projet Medgaz a été initié par l'Algérie.

Chakib Khelil s'est retenu longuement avant de dire clairement que le gouvernement espagnol veut à tout prix que les sociétés issues de son pays jouent un rôle important dans la commercialisation du gaz algérien en Espagne.

Il semblerait ainsi que d'énormes obstacles sont dressés sur le chemin de Sonatrach en Espagne pour la dissuader et renoncer à ses parts de marché dans le Medgaz. Le gouvernement espagnol, a fait savoir le ministre, a même demandé à ce que Gas Natural détienne 10% de parts dans le projet du gazoduc. «Le gouvernement espagnol a fait cette demande, nous avons accepté mais Gas Natural n'a pas encore fait pour sa part une demande officielle».

C'est dire toute la pression à laquelle est soumise la compagnie nationale dans sa tentative d'accéder au marché espagnol et européen. Le ministre de l'Energie et des Mines a cité hier nommément certaines compagnies, notamment espagnoles, italiennes et françaises, qui avaient dans le passé le monopole sur le marché européen et qui voient d'un très mauvais oeil l'entrée de Sonatrach dans le continent alors que pour ce qui est de leur part, d'énormes marchés leur sont accordés en Algérie.

Ce n'est pas le seul «litige» qui oppose l'Algérie à l'Espagne. Le ministre de l'Energie et des Mines a indiqué également hier que le problème de «réajustement» des prix du gaz entre Sonatrach et Gas Natural n'est pas encore réglé. Il soulignera que la clause qui parle de la «flexibilité» des prix du gaz exporté vers l'Espagne via le Maroc et contenue dans les contrats signés en 1995, est interprétée différemment par les deux parties. Des propositions sont faites de part et d'autre mais il n'y a pas encore eu d'accord.

Chakib Khelil a indiqué que les négociations ont été engagées depuis l'année 2005 et n'écarte pas désormais l'option d'aller vers l'arbitrage international pour régler les «contentieux» qui semblent être entretenus par les Espagnols et certaines compagnies de commercialisation européennes qui considèrent que le Vieux Continent est leur «chasse gardée», faisant fi des accords d'association passés avec notre pays mais aussi les règles imposées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Par ailleurs, le ministre est revenu sur la baisse des prix du pétrole ces derniers mois. «La crise du système financier, puis le ralentissement et la baisse de l'activité économique ont conduit à un dramatique repli des prix et une contraction de la demande pétrolière, ce qui a fait que le marché a ainsi subi le double effet d'un retrait massif des financiers accélérant la chute des prix et celui du surplus de l'offre pétrolière», a déclaré l'ex-président de l'OPEP en soulignant que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, consciente de ces perspectives, a pris une première décision en septembre 2008 pour équilibrer le marché, qui fut suivie par d'autres, aboutissant à leur consolidation en une réduction totale de sa production de 4,2 millions de barils/jour.

Chakib Khelil a assuré que si cette décision n'avait été pas été prise, les cours de pétrole tomberaient jusqu'à 20 dollars aujourd'hui. Il fera savoir que le marché s'attend aussi à une nouvelle réduction en conseillant d'anticiper et d'agir pour maintenir les prix, d'autant plus, a-t-il ajouté, qu'il y aura forcément une «baisse saisonnière de la demande».

 

Pas d'augmentation des prix du gaz ni du carburant

Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)