« Beaucoup de travail à faire !». C'est la formule utiliséedans les bulletins scolaires pour ne pas décourager les élèves à peine moyenset pour les inciter à redoubler d'efforts. C'est cette forme de notation quevient d'adresser à l'Algérie le responsable de la négociation au sein del'Organisation mondiale du commerce.Beaucoup à faire, cela veut dire que l'on est très loin desannonces des officiels algériens sur la proximité de l'adhésion. Quand lereprésentant de l'OMC dit qu'il faut en «finir avec une négociation qui n'a quetrop duré», on sent poindre l'agacement à l'égard d'un pays qui ne semble passavoir ce qu'il veut. Et il énumère ce «travail substantiel» que le candidatAlgérie doit accomplir: entreprises publiques, prix des hydrocarbures, droitsde commercialisation, présence commerciale, régime de taxation ou encore lessubventions à l'exportation. C'est beaucoup et certains pourraient être «vexés»par l'étalage public de ces exigences.Et pourtant, il faut remercier le représentant de l'OMCpour l'information qu'il apporte sur ce long processus d'adhésion et sur lelong chemin qui reste à faire. Une clarté que l'on rechercherait en vain dansles propos des officiels algériens, qui n'ont cessé de dire que l'adhésion est«proche» et qu'il ne reste que «quelques dossiers». On découvre qu'il n'en estrien.Pourquoi a-t-on cherché, contre toute évidence, à fairecroire que c'est pour demain, comment expliquer cette lacune dans l'informationet la communication ? C'est peut-être l'effet durable du débat initial qui n'apas eu lieu, celui de la pertinence de l'adhésion à l'Organisation mondiale ducommerce pour un pays qui n'exporte pratiquement que les hydrocarbures. Ledébat en question n'était pas un luxe; il aurait servi à déterminer, de manièrebasique, ce qu'on y gagne et ce qu'on y perd sur le court et le long terme. Cedébat n'existe pas. Les incantations idéologiques contre l'OMC, l'accordd'association avec l'Europe, voire les privatisations ne servent, comme l'avaitfait un ancien ministre des Finances, qu'à apporter la « démonstration » queseule une « minorité » s'oppose aux choix économiques du gouvernement.Le débat a beau être pertinent, il est presque sans objetquand un processus de négociation dure depuis 20 ans et que l'on est, dans lecadre de l'accord d'association avec l'Union européenne, sur le chemin desdémantèlements tarifaires. Le pouvoir a dit, de mille et une manières, qu'ilveut adhérer à l'OMC et l'on sait que les négociations sont complexes...Pourtant, cette lenteur du processus a fini par laisser le doute s'insinuer:cette adhésion est-elle vraiment voulue ?C'est d'ailleurs le message qu'envoie l'OMC à une Algériequi ne serait toujours pas «pressée» et qui ne fait pas de l'adhésion sa«priorité». La lisibilité du choix pour une adhésion qui a ses coûts et sesimplications économiques et aussi politiques, n'est plus évidente. Et pourtant,on nous a fait croire que le choix a été fait, alors qu'au baromètre de l'OMC,on ne voit que de l'indécision.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : KSelim
Source : www.lequotidien-oran.com