Le drapeau algérien ne flottera pas dans le ciel ghanéen à l'occasion de ce grand événement continental, à savoir la phase finale de la CAN-2008. L'Algérie sera donc absente au rendez-vous africain pour la seconde fois consécutive. Plus grave encore, notre football, frappé depuis de longues années par une crise qui ne cesse de croître, produit ce que refuse le marché actuel. Cette situation n'a pas fait réagir ceux qui ne vouent aucun respect à l'Algérie. On parle de travail méthodologique, de planification, de programmes, de politique de formation et autant de sujets, mais que l'on sache que le temps des discours sur mesure est révolu et n'aboutira jamais tant que les conditions ne sont pas réunies et l'environnement assaini. Nos clubs sont rongés par l'esprit d'amateurisme et des réflexes malsains, sans terrains propres, sans rentrées substantielles et la floraison d'agents mercenaires. Certains présidents de clubs font du replâtrage et gèrent d'une manière anarchique les deniers de l'Etat. Les rumeurs de «matches arrangés» ou d'arbitres «soudoyés» circulent à une vitesse vertigineuse, sans que personne réagisse, et l'on se demande si cette confusion n'arrange pas certains intérêts. Notre sport-roi est à la dérive et il «meurt» au moment où, ailleurs, il est réfléchi, conçu et perçu comme symbole d'identité nationale. Aujourd'hui, le mal est plus profond pour se contenter d'incriminer les seuls dirigeants de la FAF ou des ligues, même si leurs responsabilités sont engagées. Mais il est certain que les solutions sont à rechercher au plus haut niveau et qu'une intervention politique est inévitable et que certains changements sont inéluctables si l'on veut placer l'intérêt de l'Algérie avant tout autre considération. Le système des AG, par exemple, est à revoir pour la simple raison que cette procédure n'est pas appropriée à notre mentalité par ceux qui se servent du football au lieu de le servir. Nous sommes devenus spécialistes des AG pour propulser ou destituer tel ou tel dirigeant et le maintien d'un président de club est tributaire des 2/3 des membres de l'AG et non pas de son travail ou de l'investissement effectué. Le football est devenu une industrie, ce qui signifie que ceux qui sont appelés à le gérer doivent répondre à des critères bien définis. Le choix devra se faire sur des personnes exerçant de hautes fonctions administratives, des opérateurs économiques, des industriels et des DAF compétents, crédibles, intègres, avec le pays dans les tripes. Qu'on le veuille ou pas, notre sport-roi est malade de son système. Il est temps de prendre les mesures qui s'imposent. Il est aberrant qu'avec un tel constat, aucun responsable ou élu, se proclamant au service de la jeunesse algérienne, ne s'inquiète de la situation. Au moment où certains pays africains, moins riches et moins développés, s'efforcent à développer leur football, il est inconcevable qu'en 2008 nous sommes incapables de combler le déficit en matière d'infrastructures et prendre en charge nos jeunes talents. Pourtant, le baril du pétrole a bien dépassé le seuil des 100 dollars. A présent, nous récoltons ce que nous avons semé du moment que nous n'avons pas songé à inculquer une culture footballistique et apprendre à nos gestionnaires d'avoir le réflexe à démissionner en cas d'échecs. En somme, si on continue à travailler avec les mêmes instruments et les mêmes textes, les perdants, ce sont les Algériens qui n'ont même pas ce droit de vibrer pour leurs couleurs nationales. Plus grave encore, c'est ce manque de considération à l'égard des milliers de jeunes dont le tort est de vouloir réaliser le rêve de devenir grands footballeurs et procurer la joie à un peuple qui en a tant besoin pour oublier les déboires de la vie quotidienne.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Zeggai
Source : www.lequotidien-oran.com