Lesfermes condamnations qui se sont élevées en Algérie contre sa décision denommer «un groupe indépendant d'enquête ayant pour mission d'établir les faitslors des attentats d'Alger contre l'ONU», ont apparemment contraint lesecrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à arrondir les angles concernant lesraisons qui l'ont incité à prendre cette initiative.Ila en effet fait déclarer par son directeur de la communication que «ce groupen'a pas été formé pour embarrasser ou stigmatiser l'Algérie. Bien au contraire,la famille des Nations unies toute entière est extrêmement reconnaissante dusoutien que le gouvernement et le peuple algériens lui ont témoigné dans lesjours qui ont suivi l'attentat». Ban Ki-moon est allé jusqu'à laisser entendreque la mission principale du groupe d'enquête serait de «porter un regardstratégique et de faire des recommandations afin de renforcer la sécurité despersonnes des Nations unies dans leurs opérations à travers le monde». Qu'ensomme, l'enquête qu'il diligentera est d'ordre interne à l'organisationonusienne.Cettenouvelle présentation par Ban Ki-moon de l'objectif de son initiative ne peutque satisfaire les autorités algériennes, qui en avaient fait «à chaud» unelecture dans ce sens, avant de se raviser et de la dénoncer en tant quetentative d'ingérence inacceptable, après une déclaration du directeur du PNUDles accusant de ne pas avoir pris en compte la requête pour un renforcement desmesures de sécurité au profit des représentations de l'ONU à Alger, faite aprèsles attentats suicides d'avril 2007, par le responsable de la sécurité de l'ONUsur place.Pourautant, ces autorités ne vont certainement pas autoriser la venue du grouped'enquête onusien à Alger, même avec la mission réduite de ne s'occuper que del'aspect sécurité interne des représentations onusiennes.Lapolémique soulevée dans le pays par la décision du secrétaire général de l'ONUa montré qu'une grande partie de l'opinion publique est pour une attitude derefus ferme et définitive au principe même d'une commission onusienne. Lesexplications et les justifications que le secrétaire général de l'ONU a faitdévelopper par son directeur de la communication ne suffiront pas à dissiperauprès de cette opinion la suspicion que son initiative a fait naître en sonsein. Ce qui oblige les autorités algériennes à rester sur la position de refusde recevoir dans le pays un groupe d'enquête, dont Zerhouni a dit qu'il nevoyait pas «ce que son travail va apporter de plus par rapport à celui déjàeffectué par les autorités algériennes».Lebras de fer Alger-Manhattan n'est pas près de se terminer donc, même après lespropos laudatifs prononcés par le directeur de la communication de Ban Ki-moonà l'égard du gouvernement et du peuple algériens. Pour cela, il faudrait que lesecrétaire général de l'ONU satisfasse Alger en renonçant au principe mêmed'une commission d'enquête propre aux faits intervenus en Algérie, en assignantà celle-ci une réflexion plus globale sur les mesures que l'ONU devrait mettreen oeuvre pour renforcer la sécurité de son personnel en opération à travers lemonde.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com