Alger - Revue de Presse

Marche contre les programmes ou dans le cadre d'un programme?



L'homme est-il libre ou prédestiné ? La création est-ellespontanée ou composée ? La brèche tellurique traverse la pensée de l'Arabedepuis qu'il s'est révélé à lui-même par le biais de la Révélation. Qu'enreste-t-il des siècles après l'épuisement de l'élan vital saharien ? Le mêmeclivage face à un réel qui peut être perçu comme un réel ou comme uneapparence. Ce mode de réflexion fait aujourd'hui fureur en politique locale:les événements du pain, du lait, de la pomme de terre ou du terrorisme sont-ilsspontanés ou manipulés ? C'est selon. Face à la brusque prise de conscience declasse dans les classes scolaires algériennes, la question est de mise. Lagrève des lycéens soudainement en colère, attentifs à la surcharge desprogrammes et à la légèreté des avenirs laisse perplexe. On est convaincu deleurs raisons mais on reste perplexe sur cette raison trop bien organisée. D'oùvient, par exemple, cette synchronité dans les marches, cette cohérence desrevendications et cette unanimité de la colère ? Certains disent de l'usagerépandu des téléphones portables qui permettent une bonne organisation et unemeilleure gestion. D'autres en imputent la raison à l'opportunité ouverte parla grogne des enseignants qui ouvre la voie à la grogne de leurs élèves.D'autres, enfin, parlent de manipulations concoctées dans le cadre du politiqueinévitable dans le cadre de la RADP. Les détracteurs de la manipulationexpliquent que l'on ne peut manipuler que ce qui existe déjà : les problèmes desurcharge des programmes dans les écoles algériennes est réel et n'a pas besoind'être manipulé pour exister. Les fervents de la théorie des dominos chez unpeuple qui en joue beaucoup durant, avant et pendant le Ramadan, expliquentqu'il y a manipulations parce que les écoliers algériens agissent comme unparti politique, possèdent des leaders qui sont encouragés, procèdent par desméthodes expérimentées et se meuvent dans un cadre plus large qui va de lacrise du GPRA à la question du 3ème mandat. Il est donc difficile de trancher.Entre des écoliers qui dénoncent un problème et le problème récurrent de lapossible manipulation, il y a cependant l'évidence que dans les deux cas, il ya un problème. D'où cette tradition de n'écouter les colères sociales qu'avecune oreille, choisie depuis toujours par le fameux «Décideur» et d'y répondre àmoitié. D'où cette habitude du «Décideur» de nier un problème même s'il existe,parce que c'est un problème manipulé. D'où cette conclusion de laisser unproblème à moitié résolu même s'il est entier, parce qu'il s'inscrit dans unemanipulation qui le dépasse en taille. Et là où les écoliers algériens marchentcontre des programmes, le «Décideur» décide qu'ils marchent dans le cadre d'unprogramme occulte. Pourtant, la solution est toute bête : résoudre tous lesproblèmes des Algériens au point où il ne restera plus rien à manipuler pourles manipulateurs. Pourquoi on n'y arrive pas ? Parce qu'un Décideur esttoujours méfiant face au réel, parce que sa paranoïa fondamentale va toujourslui murmurer à l'oreille des hypothèses qui l'empêcheront de faire confiance,parce qu'un peuple mal gouverné produit toujours des manipulateurs et parce queça sera la fin de l'histoire et donc le début de la démocratie.
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